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Vaccination hépatite B : il n'y a pas d'augmentation du risque de sclérose en plaques

Publié le 01/02/2001 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

Deux milliards de terriens ont été infectés par le virus de l'hépatite B. On estime que 350 millions d'entre eux sont des porteurs chroniques du virus et que 65 millions décéderont de cirrhoses et/ou de cancer du foie liés à cette infection.
Depuis 1982, on peut prévenir l'hépatite B par un vaccin efficace dont plus d'un milliard de doses ont été injectées
Entre 1995 et 1997, en France, quelques cas anecdotiques de sclérose en plaques (SEP) succédant à une vaccination hépatite B (alors que près de 24 millions de doses avaient été distribuées) ont été rapportés. Malgré l'absence de toute étude épidémiologique démontrant une relation entre les deux événements, en France la vaccination des collégiens a été suspendue, et les campagnes de vaccination ont été ralenties dans de nombreux pays développés.
Les termes de l'équation étaient donc simples : un risque supposé, mais non confirmé, de quelques cas de SEP conduisait à discréditer un vaccin susceptible d'éviter 65 millions de morts dans les vingt prochaines années !
L'étude de A.Ascheririo et coll. qui tord le cou à cette rumeur, permettra peut-être, de clore le débat et de relancer la vaccination.
L'équipe d'Ascherio d'Harvard a eu l'idée, pour s'attaquer au problème de se servir des données des Nurses' Health Study I et II qui regroupaient respectivement 121 000 infirmières suivies depuis 1976 et 116 671 infirmières suivies à partir de 1989. Les 192 cas de SEP survenus durant la durée de l'étude dans cette cohorte impressionnante ont été répertoriés. Pour chaque cas, 6 contrôles ont été sélectionnés parmi les infirmières (5 sujets sains et une femme souffrant d'un cancer du sein) et des informations sur la vaccination hépatite B ont été obtenues pour tous les cas et tous les contrôles.
Le risque relatif (RR) de SEP après vaccination quelle qu'en soit la date était de 0,9 (intervalle de confiance à 95 % : 0,5 à 1,6). Si l'on ne tenait compte que des vaccinations pratiquées moins de deux ans avant le début de la maladie le RR était de 0,7 (IC 95% : 0,3 à 1,8). Des résultats négatifs similaires ont été enregistrés en ne tenant compte que des vaccins recombinants ou en prenant en considérations le nombre de doses de vaccin reçues.
Ces résultats corroborent ceux de C. Confavreux et coll. qui ne retrouvent pas d'association entre rechutes de SEP et vaccinations et devrait normalement clore le débat.
Il reste cependant à accomplir un travail bien plus délicat que la conduite d'une étude rétrospective sur près de 240 000 femmes : communiquer de façon intelligente et efficace sur ces publications pour parvenir à effacer la rumeur de l'esprit de nos concitoyens, des praticiens et des autorités de tutelle.

AR


Ascherio A et coll. Hepatitis B vaccination and the risk of multiple sclerosis.N Engl J Med. 2001 344: 327-32.



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