La détection précoce et le diagnostic positif du cancer de la prostate ne sont pas sans poser des problèmes ardus dans le domaine de la pratique courante. Les limites du PSA, de l'échographie et de la biopsie prostatique sont bien connues, même si dans la plupart des cas, cette approche permet de régler les problèmes de manière plus ou moins parfaite. Les critiques vont bon train sur le sujet... Idéalement, il manque une technique diagnostique peu invasive, sensible et spécifique pour améliorer cette situation. La TEP-TDM qui combine la tomographie à émission de positons (TEP) et la tomodensitométrie (TDM) dans le cadre des machines hybrides répond-elle à cette problématique ?
Une étude italienne de type cas-témoins a obtenu des résultats encourageants quoique encore insuffisants. Elle a inclus 36 malades atteints d'un cancer prostatique et 5 témoins atteints d'un cancer vésical. La choline marquée par le carbone 11 a été utilisée pour détecter les lésions malignes. Chez tous les malades, une prostatectomie radicale a été effectuée dans le mois qui a suivi l'exploration tomoscintigraphique et l'examen de référence a été l'étude histopathologique de la pièce opératoire découpée en sextants.
Par rapport à ce «gold standard», la sensibilité, la spécificité, la valeur prédictive positive et la valeur prédictive négative de la FDG-TEP sont respectivement de 66 %, 81 %, 87 % et 55 %.
Ces performances diagnostiques sont honorables, et les images, d'une grande qualité. Elles sont cependant nettement insuffisantes pour conférer à cette technique une place de choix dans la détection du cancer prostatique chez les sujets à haut risque. Le nombre de faux-négatifs est en effet trop élevé et, de plus, il existe des faux-positifs liés à une fixation non spécifique de la 11C-choline au sein de lésions prostatiques bénignes, notamment à type de prostatite.
A l'heure actuelle, l'approche est techniquement faisable, mais il manque à l'évidence un radiopharmaceutique plus performant que la 11C-choline, à moins d'affiner la sémiologie scintigraphique qui démontre ici ses limites. Le recours à d'autres critères de positivité pourrait être envisagé, mais d'autres études sont à l'évidence nécessaires.
Dr Jean-Louis Mirandole
Farsad M et coll. : "Detection and localization of prostate cancer : correlation of 11C-choline PET/CT with histopathologic step-section analysis." J Nucl Med 2005 ; 46 : 1642-1649. © Copyright 2005 http://www.jim.fr
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