Tegucigalpa, le jeudi 26 août 2004 - La constatation vaut pour de nombreuses situations : c'est souvent les personnes amenées à réaliser le plus d'effort qui s'en plaignent le moins et qui touchent en contrepartie le plus maigre salaire. On aura ainsi remarqué que lorsque les fonctionnaires français défilent dans la rue, les professionnels de santé en général et les infirmières en particulier sont rarement présents dans les rangs, sans pour autant que les autres salariés de la fonction publique aient véritablement quelque chose à envier à leurs conditions de travail.
Dans plusieurs autres pays, une nette différence entre les infirmières et certains autres fonctionnaires s'observe également. Le bulletin Sew News du Conseil international des infirmières (CII) révélait ainsi récemment la scandaleuse crise que traversent actuellement les infirmières du Honduras. Le gouvernement hondurien a récemment annoncé une augmentation générale des salaires des fonctionnaires de 90 % (!). Tous sont concernés, à l'exception notable des infirmières, qui réclament cependant depuis cinq ans une revalorisation de leurs rémunérations. Aussitôt la nouvelle connue, plusieurs manifestations se sont organisées dans la capitale, Tegucigalpa, et dans l'ensemble du pays, auxquelles le gouvernement a répondu par la force, avant d'offrir aux infortunées une hausse de salaire de 5 %. Jugeant la proposition inacceptable, les infirmières ont convenu de tenter de poursuivre leur lutte.
Mais le Honduras n'est pas seul à connaître de telles disparités dans les rémunérations offertes à ses employés de la fonction publique. Ainsi, en Nouvelle-Zélande, les infirmières ont décidé d'employer leurs prochains mois à militer pour une égalité salariale à niveau de compétence égal. Ces professionnelles touchent en effet 6 000 dollars néo-zélandais de moins par an (soit 3 277 euros) que les enseignants du secondaire et 10 500 NZ$ de moins que les agents de police (soit 5 735 euros). Présidente de l'Organisation des infirmières néo-zélandaises (NZNO), Laila Harré est déterminée : «Nous pouvons obtenir l'égalité salariale. D'abord parce que nous sommes motivées. Ensuite parce que nous sommes préparées et très actives. Et surtout parce que nous le méritons ».
L'absence de considération du travail des infirmières de part le monde explique pourquoi celles-ci restent particulièrement «rentables», comme le confirme une étude réalisée aux Etats-Unis par le docteur Barbara A. Mark et ses confrères de l'Université de Caroline du Nord, dont les résultats ont été publiés dans le Journal of Health Care Finance et étaient commentés au printemps par le CII. Selon cette institution, les conclusions de l'enquête réalisée entre 1990 et 1995 dans 422 hôpitaux de onze états «contredisent l'idée reçue selon laquelle la réduction du nombre d'infirmières diplômées augmenterait la rentabilité des établissements ». En effet, «une augmentation d'un pour-cent du nombre d'infirmières (...) engagées à plein temps » n'entraîne une progression des coûts d'exploitation que de 0,25 %. © Copyright 2004 http://www.jim.fr
A.H.
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