Chirurgiens, psychiatres et urgentistes participent à la semaine sociale

Paris, le lundi 17 janvier 2005 - La participation de nombreux praticiens hospitaliers à la semaine de grève qui commencera demain avec la danse des postiers verra peut-être leurs revendications noyées dans le flot des contestations ou tout au contraire ranimées par la communion des révoltes. Quoi qu'il en soit, on verra défiler sur le pavé cette semaine chirurgiens, psychiatres et urgentistes, non pas à l'instar des postiers et cheminots pour une sauvegarde des 35 heures et de la fonction publique, mais plutôt en vue d'une remise en cause des actions du gouvernement Raffarin dans le domaine de l'organisation des soins à l'hôpital.

C'est ainsi, que les chirurgiens à l'appel du Syndicat des chirurgiens hospitaliers (SCH), de la Coordination médicale hospitalière (CMH), du Syndicat national des médecins, chirurgiens, spécialistes et biologistes des hôpitaux publics (SNAM) du Syndicat national des médecins des hôpitaux et établissements privés (Symhospriv) et de l'UCCSF seront en grève ce mercredi 19 janvier. Alors qu'un accord signé en août par le ministère de la santé et des représentants de la chirurgie libérale ont permis à ces derniers d'obtenir d'importantes avancées, notamment en terme de revalorisation de leurs honoraires, les chirurgiens hospitaliers s'estiment oubliés et souhaitent une réorganisation des blocs opératoires ainsi qu'une augmentation de 15 % de leurs salaires.

C'est le lendemain que les psychiatres prendront la relève. La situation difficile dans les établissements psychiatriques est bien antérieure au double assassinat de l'hôpital psychiatrique de Pau mais ce drame et surtout les réponses apportées par le ministre de la Santé ont fini d'attiser la colère des psychiatres hospitaliers. C'est ainsi qu'à l'hôpital psychiatrique Paul Guiraud de Villejuif, en grève le 6 janvier, on estime que « Douste-Blazy n'a rien compris » et appelle, plutôt qu'à un moratoire sur la fermeture des lits comme préconisé par le ministre, à « un moratoire sur la suppression des postes ». L'annonce du lancement d'un plan santé mentale, doté de 200 millions d'euros, n'a guère de quoi les rassurer, les syndicats estimant déjà que ces sommes se révèleront largement insuffisantes. L'Intersyndicale de défense de la psychiatrie publique (IDEPP) prend donc la tête de la contestation, suivie de près par les urgentistes qui sont appelés par l'Association des médecins urgentistes hospitaliers de France (AMUHF) à faire grève ce 20 janvier. C'est la complète transformation du statut de praticien hospitalier qui inquiète le syndicat de Patrice Pelloux, qui estime que les différentes mesures prises ces derniers mois mettent à mal « l'égalité des chances pour le concours de PH » ainsi que l'instauration du repos compensateur et signent à terme la « disparition programmée du statut de praticien hospitalier ». © Copyright 2005 http://www.jim.fr

L.C.

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