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Les infirmières espagnoles confrontées aux beautés de la langue française

Publié le 05/01/2005 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

Paris, le mercredi 5 janvier 2005 - L'idée avait fait sourire. En 2001, alors que la pénurie d'infirmières n'avait de cesse d'inquiéter l'ensemble de la communauté médicale, un certain Bernard Kouchner, alors ministre de la Santé, propose d'engager des professionnelles espagnoles pour résorber la crise. Malgré les sarcasmes, le recrutement commence en 2002 et voit arriver en France quelque 524 infirmières. Le bilan globalement positif que tirent aujourd'hui les pouvoirs publics de cette expérience fera sans doute taire les critiques, mais les mauvais esprits n'auront pas eu tort de souligner à l'époque que l'entreprise serait gâchée par la barrière de la langue puisque cet élément est aujourd'hui vivement souligné par le ministère de la Santé. Ainsi quand le Figaro interroge Jaime Gomez âgé de 28 ans qui exerce en France depuis mars 2002, il explique : « Nous sommes arrivés sans parler un mot de français. Le stage à Dourdan nous a permis d'apprendre quelques bases grammaticales et quelques mots. Cette formation est très insuffisante. La méconnaissance du français a été un véritable obstacle, surtout les premiers mois ». Et ses consoeurs françaises d'ajouter sans tendresse : « On ne peut débarquer dans un pays, mal connaître la langue, et suivre des prescriptions. Il n'y a pas eu de catastrophe, mais cela peut-être une importante source d'erreurs et de danger pour tous », s'inquiète une infirmière citée par le Figaro, qui a souhaité conserver l'anonymat.

A l'image de cette sèche constatation, les rapports entre les infirmières espagnoles et leurs hôtes français n'ont pas toujours été au beau fixe. Jaime Gomez se souvient : « J'ai ressenti un sentiment de rejet. Nous avions, collé sur le front, une étiquette : « Infirmiers espagnols ». J'ai trouvé aussi qu'il existait de la part de nos collègues français un sentiment de méfiance professionnelle ». Pourtant, le rapport du ministère de la Santé affirme que les recrues espagnoles « présentent compétence et niveaux techniques élevés » et dans certains établissements l'expérience est aujourd'hui commentée avec satisfaction. Ainsi à l'hôpital Albert Chenevier de Créteil où l'on a accueilli dix professionnels espagnols, on s'enorgueillit de savoir qu'aujourd'hui deux d'entre eux ont trouvé l'amour sur le sol français. Globalement, le taux de départ est remarquable, puisqu'il ne dépasse pas les 8 %. © Copyright 2005 http://www.jim.fr

L.C.

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