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21e journées de technologies avancées en Gynécologie-Obstétrique. La pilule augmente-t-elle le risque de cancer du sein ?

Publié le 08/02/2006 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

JTA - Fort-de-France. Espie M. du service d'oncologie médicale de l'hôpital Saint-Louis a dressé un état des lieux sur le risque de cancer du sein chez les patientes sous pilule en présence ou non de facteurs de risque génétiques ou familiaux.

Risque de cancer du sein chez les utilisatrices de pilule

Les données disponibles chez les utilisatrices de pilule sont globalement rassurantes même si nous manquons d'un peu de recul pour les tranches d'âges les plus avancées et si des analyses en sous-groupes laissent planer quelques doutes pour certaines catégories de population. C'est ainsi que la vaste méta-analyse de la « Collaborative Group on Hormonal Factors in Breast Cancer » qui a inclus 54 études retrouve un sur-risque marginal de cancer du sein à 1,07. Chez les utilisatrices en cours, ce risque est de 1,24 (IC 95 % : 1,15-1,33) et diminue pour s'annuler 10 ans après l'arrêt contraceptif. Plusieurs autres études, de valeur informative inégale, appuient les conclusions de cette méta-analyse. Néanmoins, il existe quelques résultats discordants comme ceux de l'étude de cohorte prospective longitudinale de Kumle publiée en 2002 qui a inclus plus de 100 000 femmes suivies pendant plusieurs années et dans laquelle la prise de pilule est associée à un risque relatif de cancer du sein à 1,6 (IC 95 % : 1,2-2,1).

Risque de cancer du sein, pilule et prédisposition génétique

Concernant les risques de cancer du sein chez les femmes présentant des prédispositions génétiques, les publications sont également globalement rassurantes bien que le plus souvent de type cas-témoin. Seules les analyses en sous-groupe, dont nous savons la faible valeur informative, retrouvent de discrètes augmentations à la limite du significatif : odd ratio à 1,2 (IC 95 % : 1,02-1,40) en cas de mutation BRCA1 (et non de la BRCA2), prise avant 30 ans avec un OR à 1,29 (IC 95 % : 1,09-1,52). Un travail récent (Milne 2005) met en évidence au contraire un effet protecteur paradoxal de la pilule mais exclusivement chez les femmes porteuses du gène muté BRCA1 (OR à 0,22 ; IC 95 % : 0,10-0,49) avec une absence d'influence pour les porteuses du BRCA2.

Risque de cancer du sein, pilule et antécédents familiaux

Chez les femmes ayant des antécédents familiaux, les données sont plutôt discordantes. Les conclusions de Murray (1989), qui ne retrouvent aucune influence des antécédents familiaux de cancer du sein, sont rassurantes. Tandis que les résultats plus récents de Grabrik (2000) mettent en exergue un risque relatif de 3,3 (IC 95 % : 1,6-6,7) chez les soeurs et les filles sous pilule de femmes ayant un cancer du sein dans un contexte de prédisposition familial connu.

À la lumière des connaissances actuelles, il est donc possible de rassurer nos patientes à risques mammaires familiaux ou génétiques, face à l'hypothèse d'une augmentation du risque de cancer du sein liée à la prise de la pilule qui ne leur est donc pas contre-indiquée.

Dr Jean-Marie Brideron


Espie M et coll. : « Contraception orale, antécédents familiaux et risque de cancer du sein. » XXIèmes Journées de technologies avancées en gynécologie-obstétrique (Fort-de-France, Martinique) :14 -19 Janvier 2006. Copyright LEN.

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