Paris, le vendredi 7 juillet 2006 – L’Europe entre régulièrement
en résonance avec le quotidien de la profession infirmière. Les
fréquentes interrogations sur les transferts de compétence qui
connaissent des degrés très divers selon les différents pays de
l’Union européenne ou encore l’actuelle application du système
européen LMD (licence master doctorat) témoignent de la nécessité
de s’engager dans une véritable réflexion autour de la place de la
profession d’infirmier face à l’Europe. Cette interrogation est
depuis longtemps celle d’Henriette Ahlborn, infirmière diplômée
d’état en France, mais d’origine allemande, qui n’a cessé de
questionner cette double position. A travers l’association «
L’institut des infirmières » (LIDI) à Grenoble, elle a poursuivi
cette réflexion, en tentant de favoriser les échanges entre les
infirmières européennes. L’aboutissement de sa mission semble
devoir être pour l’heure la mise en place d’un Forum infirmier
européen dont la première édition s’est tenue en France la semaine
dernière, les 28, 29 et 30 juin.
L’ensemble des conférences s’intéressait à la multiplicité de la
profession d’infirmier au sein de l’Europe. Il s’agissait notamment
de comprendre comment des diplômes équivalents conduisaient à des
pratiques si différentes et à des compétences inégales. Le droit de
prescription de l’infirmier qui existe en Allemagne ou en
Grande-Bretagne a ainsi été largement évoqué. La réunion a
également été l’occasion de se pencher sur la question de
l’euthanasie et de la fin de vie et de reconsidérer le rôle de
l’infirmier face à ces situations. L’exemple des infirmiers et
infirmières belges aura été sur ce point particulièrement
intéressant. Par ailleurs, la représentation des infirmiers au sein
d’ordres infirmiers est apparu comme un sujet de débats et de
divergences au sein de l’Europe, à l’heure où, à l’instar notamment
du Portugal, la France semble s’inscrire dans la voie de la
création d’un Ordre. Enfin, toutes les infirmières européennes
semblaient se rejoindre sur l’inquiétante question de la pénurie ou
encore sur le problème de l’épuisement professionnel.
Malgré l’intérêt que peut susciter la confrontation des
différents points de vue européens et en dépit de frais modiques
(trente euros les trois jours et deux concerts gratuits), les
infirmiers et infirmières n’auront malheureusement pas été tous au
rendez-vous. On ne comptait ainsi qu’un millier de participants la
semaine dernière, quand les organisateurs avaient espéré plus de 3
000 congressistes. La tenue d’une seconde édition l’année
prochaine, dans un autre pays européen, est cependant déjà
programmée.
A.H.
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