L’amaurose congénitale de Leber qui serait en cause dans 10 à 20
% des cécités de l’enfant (1000 à 2000 malades en France) est une
rétinopathie pigmentaire de début précoce aboutissant à la cécité.
Le primum movens de l’affection est une atteinte de l’épithélium
pigmentaire rétinien (EPR) dont le fonctionnement est indispensable
aux photorécepteurs. L’amaurose de Leber est due à une mutation se
transmettant sur le mode autosomique récessif. L’une des 8
mutations identifiées porte sur le gène RPE65 et concernerait 10 %
environ des amauroses de Leber.
Une équipe de Nantes, dirigée par Fabienne Rolling, vient
d’accomplir un progrès décisif dans la mise au point d’une
technique de thérapie génique pour corriger cette anomalie du
RPE65.
Ces chercheurs ont travaillé sur un modèle canin de la maladie
touchant des Briards porteurs d’une mutation de RPE65 à l’état
homozygote. Le traitement des animaux a consisté en des injections
sous rétiniennes d’un vecteur viral recombinant de type adénovirus
(rAAV2/4) s’exprimant dans les cellules de l’EPR et porteur de
l’ADN de RPE65 et d’un promoteur spécifique de ce gène.
Un seul œil des 8 animaux inclus dans l’essai a été traité,
l’œil controlatéral servant de témoin. Les électrorétinogrammes des
yeux traités des 7 animaux les plus précocement ont mis en évidence
une restauration des fonctions rétiniennes, débutant 15 jours après
l’injection et se maintenant avec un recul de 8 à 11 mois. L’animal
traité tardivement (après 30 mois) n’a pas récupéré sa vision.
Ces excellents résultats ont été confirmés par un test du
labyrinthe dont les Briards se sont sortis en 7 secondes avec leur
œil traité et en une minute avec leur œil témoin.
Cette nouvelle technique de thérapie génique qui, contrairement
aux essais précédents, utilise un vecteur spécifique de l’EPR et un
promoteur du gène, aurait pour avantage de limiter le risque de
complications liées au virus porteur ou au gène lui-même.
L’équipe nantaise, financée en partie par des associations de
malades (AFM et Retina France) a pour ambition de mettre en place
un essai clinique chez l’homme.
Vidéo du test du labyrinthe chez les animaux
traités : Supplementary video 1 (mpeg 1,953K)
Dr Nicolas Chabert
Le Meur G et coll. : « Restoration of vision in RPE65-deficient Briard dogs using an AAV serotype 4 vector that specifically targets the retinal pigmented epithelium. » Gene Therapy 2006. Publication avancée en ligne le 5 octobre 2006 (doi: 10.1038/sj.gt.3302861).
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Vos réactions |
"Vers une thérapie génique de l’amaurose de Leber "
Le 09 octobre 2006
Bravo à cette équipe nantaise.L'ophtalmologie que j'ai pratiquée n'a pas grand chose à voir avec celle ci pleine de promesses.Il faut de tout pour faire le monde. Toutes mes félicitations et mes encouragements.Cela fait plaisir de voir ces progrès.
Dr Marcel Lerat
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