L’enfant au cœur des campagnes contre la violence conjugale

Paris, le lundi 20 novembre 2006 – Est-ce parce qu’elle a été pendant très longtemps ignorée ou tabou que la violence conjugale est aujourd’hui envisagée dans ses moindres aspects ? Est-ce parce que ses victimes sont souvent restées silencieuses et sans soutien que l’on aspire aujourd’hui à défendre et à prendre en charge toutes les victimes de la violence conjugale, c'est-à-dire au-delà des femmes qui reçoivent les coups, les enfants qui en sont les témoins ?

 

Un père violent apprend la violence à ses enfants

 

Hier en Suisse, il y a quelques semaines en Seine-Saint-Denis et aujourd’hui dans toute la France, la violence conjugale est vue à travers le regard des enfants. A l’occasion de deux manifestations conjointes que sont la journée mondiale de l’enfance ce 20 novembre et la journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes, le 25 novembre prochain, la Fédération nationale solidarité femmes (FNSF) lance une campagne choc, pour rappeler qu’ « Un père violent apprend la violence à ses enfants ».

4 millions d’enfants concernés par la violence conjugale

 

Diffusé en seconde partie de soirée, le spot télévisé a tout d’abord le mérite de ne pas recourir aux images symboliques et détournées : ce sont les cris d’une femme et d’un homme que l’on entend et c’est une femme violemment poussée par terre que l’on voit : une image non atténue de la violence conjugale que subissent quotidiennement des milliers de femme. Le regard du petit garçon témoin de la scène et qui inflige à sa mère un dernier coup de poing dans la poitrine représente pour sa part le quotidien de quelque 4 millions d’enfants en France. Les symptômes post traumatiques de ces enfants sont nombreux jusqu’à la reproduction de la violence elle-même. Selon des chiffres présentés à l’occasion de la campagne réalisée en octobre par l’Observatoire départemental de Seine-Saint-Denis des violences envers les femmes, les enfants témoins de violences conjugales présentent un risque trois fois plus important d’avoir le même type de comportement avec leur famille. Aussi, comme il y a quelques semaines en Seine-Saint-Denis, l’objectif de la campagne de la FNSF est de rejeter l’idée reçue selon laquelle un mari violent n’est pas forcément un mauvais père.

Ne pas oublier les femmes

 

Si l’intention de ce type de campagne est tout à fait louable, il pourrait néanmoins être considéré comme regrettable que les récentes campagnes de sensibilisation autour de la violence conjugale semblent délaisser quelque peu les premières des victimes c'est-à-dire les femmes. La violence domestique à l’égard des femmes devrait cependant être l’objet d’une campagne européenne lancée par le Conseil de l’Europe le 27 novembre prochain.


A.H.

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Vos réactions (1)

  • "L’enfant au cœur des campagnes contre la violence conjugale"

    Le 21 novembre 2006

    Les hommes qui subissent des violences doivent-ils rester dans l'anonymat? Ne les oubliont pas non plus !

    Marie-Noël Ingouf

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