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Un cadeau de Noël pour (toutes ?) les infirmières

Publié le 15/12/2006 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

Paris, le vendredi 15 décembre 2006 – Cinq propositions de loi auront été nécessaires au cours des neuf dernières années pour voir aboutir un projet chèrement défendu par de nombreuses infirmières et par quelques parlementaires fidèles à leur cause. Le chemin parcouru depuis le 21 octobre 1997, date à laquelle était déposée un premier texte sur cette matière par Bernard Accoyer n’aura pas été sans embûches et obstacles divers qu’ils furent électoraux, politiques, voire syndicaux. Pourtant, la ténacité de ces farouches partisans de la fondation d’un Ordre infirmier aura fini par l’emporter ce 14 décembre, qui a vu les députés adopter en seconde lecture un texte confirmant sa création.

La loi, en forme de cadeau de Noël (ou de présent électoral), met en place une institution forte qui semble avoir réussi à éviter toutes les impasses évoquées lors des divers travaux préparatoires. A l’instar de tous les ordres de professionnels de santé existants et qui représentent des corps bien moins importants que celui des infirmières, la cotisation à l’Ordre infirmier et l’inscription au tableau ordinal seront en effet obligatoires. Tranchée avec simplicité et sans ambages, cette question avait pourtant été l’objet d’une profonde scission entre les initiatrices les plus ferventes de ce projet et les infirmières plus nuancées quant à l’opportunité de créer une telle instance. La similitude entre l’Ordre infirmier et les autres instances ordinales s’affirment également dans sa vocation juridictionnelle. Quatre types de sanctions (l’avertissement, le blâme, l’interdiction temporaire ou permanente d’exercer et le remboursement aux assurés sociaux) pourront être « prononcées par la section des assurances sociales de la chambre disciplinaire de première instance et par la section des assurances sociales du conseil national de l'ordre des infirmiers », indique le texte adopté hier, qui ne semble pas faire de distinction entre les professionnelles libérales et les professionnelles salariées, au grand dam, peut-être, de ces dernières. Enfin, la loi confirme que l’Ordre infirmier aura pour charge d’élaborer un code de déontologie et de « défendre les intérêts de la profession ».


Au-delà de la description de ces différentes missions, la loi du 14 décembre constituera sans doute pour les infirmières un symbole fort de reconnaissance de la part de pouvoirs publics dont elles espéraient depuis de longues années un tel signe. Après l’adoption du cadre législatif, il est à espérer que la naissance de l’Ordre puisse annoncer également l’émergence d’une belle union entre les infirmières. Une union qui sera à construire au-delà des crises profondes qu’ont pu faire naître ces discussions autour de l’instance ordinale. Certains sites internet de syndicats infirmiers ne cachaient ainsi pas ces dernières semaines encore leur opposition farouche au projet.




A.H.




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