Les facteurs de risque de dépressions diffèrent-ils selon le
lieu de résidence, en milieu urbain ou à la campagne ? Afin de
répondre à cette question, B Friedman et coll. ont entrepris une
étude de cohorte basée sur 926 assurés de Medicare de plus de 65
ans suivis en médecine générale. Une relation a été
recherchée entre l’existence d’une dépression et diverses variables
indépendantes selon l’appartenance au milieu rural ou citadin.
Dans cette population, 8,3 % des « ruraux » et 14,8 %
des citadins présentaient une dépression majeure, mise en évidence
par le « Mini International Neuropsychiatric
Interview ».
Le fait de n’avoir que 0 à1 ami proche (OR=6,86 ; IC95
%=2,18-21,58), d’avoir consulté aux urgences plus de deux
fois au cours des six derniers mois (OR=4 ; IC95 %=1,19-13,43)
ou d’avoir davantage de soucis d’ordre financier (OR=4,00 ;
IC95 %=1,19-13,43) a été associé à un risque significativement plus
élevé de souffrir d’une dépression majeure chez les ruraux par
rapport aux citadins.
Il existait une relation curviligne entre le score au « SF-36
Physical Component Summary » et la dépression majeure et ce
score était plus élevé chez les citadins que chez les ruraux.
Le risque d’avoir une dépression est apparu plus faible chez les
ruraux en cas de pression financière faible, sensiblement égal dans
les deux groupes lorsque la pression financière était moyenne et
plus important chez les ruraux dans un contexte de pression
financière important.
Ces observations devraient inciter les médecins ruraux à être
particulièrement vigilants et rechercher une dépression chez leurs
patients victimes de problèmes financiers importants, ayant peu
d’amis proches et ayant consulté souvent aux urgences dans une
période récente.
Dr Bruno Vialatte
Friedman B et coll. : “Correlates of Late-Life Major Depression: A Comparison of Urban and Rural Primary Care Patients “Am J Geriatr Psychiatry, 2007 ; 15 :28-41.
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