La consommation de poisson gras diminuerait l’incidence… du carcinome rénal à cellules claires

Le carcinome rénal à cellules claires (CRCC) représente plus de 80 % de toutes les tumeurs malignes du rein, dont la majorité sont des adénocarcinomes. Sur le plan pathogénique, ces lésions malignes seraient en partie provoquées par des facteurs alimentaires. Certaines études suggèrent que la consommation de graisses de poisson pourrait diminuer le risque de certains cancers, mais force est de constater que cette hypothèse ne fait pas l’unanimité. Les données épidémiologiques sur ce sujet sont à la fois peu nombreuses et volontiers contradictoires, d’autant plus qu’elles émanent d’études cas-témoins, peu propices aux résultats incontestables et reproductibles. Rares sont, de surcroît, les études qui ont pris le soin de séparer les poissons maigres des poissons gras, dont le contenu en vitamine D et en acides oméga-3 diffère pourtant largement.

Ainsi, les acides gras polyinsaturés de type oméga-3, de type acide eicosapentaénoïque et docosahexanéoïque seraient à même d’inhiber la promotion et la progression de la carcinogenèse rénale.

Une étude de cohorte prospective, en l’occurrence la Swedish Mammography Cohort, a inclus 61 433 femmes âgées de 40 à 76 ans,  sans antécédent de cancer à l’état basal (mars 1987- 14 décembre 1990). En 1997, les participantes ont rempli un questionnaire alimentaire spécifique qui a permis d’évaluer la consommation des divers types de poissons.

Au terme d’un suivi moyen de 15,3 années (940 357 sujets-années) (1987-2004), 150 cas de CRCC ont été diagnostiqués. Après ajustement en fonction des facteurs de confusion potentiels, une relation inverse significative a été mise en évidence entre la consommation de poisson gras et le risque de cancer rénal (p=0,02). Comparativement à l’absence de consommation de cette variété de poisson, en analyse multivariée, le risque relatif (RR) de CRCC a été estimé à 0,56, sous réserve d’une consommation au moins hebdomadaire.
Comparativement à la non consommation confirmée, le RR multivarié de ce cancer chez les femmes (n=36 664) qui consommaient très régulièrement ce type de poisson, à l’état basal et en 1997,  a été estimé à 0,26.

La consommation régulière de poisson gras pourrait réduire le risque de carcinome rénal à cellules claires chez les sujets de sexe féminin, selon des mécanismes qui laissent quelque peu perplexe.

Dr John Sorri

Référence
Wolk A et coll. : “Long-term fatty fish consumption and renal cell carcinoma incidence in women.” JAMA 2006; 296: 1371-1376.

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