Service de soins intensifs : épuisement intensif !

Paris, le jeudi 12 avril 2007 – L’épuisement professionnel, plus connu sous le nom de « burn out », des infirmières et des médecins est un sujet qui a été au cœur de nombreuses études ces dernières années et qui a permis de mettre en évidence combien le stress auquel ils sont exposés ainsi que la spécificité de leurs conditions de travail peuvent se révéler particulièrement dommageables pour leur propre santé. Deux études récemment publiées par l’American Journal of Respiratory and Critical Care Medicine (AJRCCM) confirment de nouveau combien ce syndrome de surmenage sévère concerne une proportion élevée d’infirmières, mais également comment certaines situations peuvent accroître le risque de souffrir de « burn out ».

Accompagnement de la fin de vie : une situation traumatisante même pour des professionnelles

 

C’est ainsi qu’à l’heure où le débat sur l’euthanasie aura été principalement envisagé à travers son aspect juridique ou compassionnel à l’égard des malades, l’enquête publiée par Marie-Cécile Poncet de l’hôpital Saint Louis à Paris révèle que la prise en charge d’un patient en fin de vie est souvent traumatisante pour une infirmière. L’étude qui a consisté à envoyer un questionnaire à 286 services de soins intensifs français et qui a permis de recueillir les réponses de 2 392 infirmières exerçant dans 165 services différents révèle en effet que la prise en charge d’un patient agonisant accroît de 39 % le risque de souffrir d’un syndrome d’épuisement professionnel, tandis que la décision d’arrêter les soins palliatifs l’augmente encore de 14 %. Après l’existence de conflits avec les patients ou leurs familles, l’accompagnement de la fin de vie constitue une augmentation majeure du risque de souffrir de « burn out ».

 

Soins intensifs : attention épuisement !

 

Cette observation permettra facilement de conclure que le travail au sein d’un service de soins intensifs exposera tout particulièrement les infirmières au risque d’épuisement professionnel. Les conclusions d’une seconde étude publiée dans l’AJRCCM le confirment. Menée par l’équipe de Meredith Mealer de la faculté de médecine Emory à Atlanta, l’enquête a consisté à comparer le risque d’épuisement professionnel chez les infirmières en fonction du type de service où elles travaillaient. L’analyse des questionnaires envoyés à 491 professionnelles permet de révéler que la prévalence des symptômes d’épuisement professionnel est de 24 % chez les infirmières exerçant dans les services de soins intensifs et de 14 % pour les autres professionnelles. Pour les responsables de l’étude, il apparaît important de déterminer les risques personnels de chacun face au syndrome de burn out avant de décider de l’affectation des infirmières, afin de limiter tout risque pour la santé des professionnelles et la prise en charge des patients.

Un tiers des infirmières concerné

 

L’équipe française de Marie-Cécile Poncet met également en évidence d’autres pistes permettant de restreindre ce risque. Les résultats de ses recherches ont en effet mis en évidence qu’au-delà de l’âge des infirmières, la capacité de programmer les jours de repos, la participation à une équipe de recherche et la qualité des relations entre l’infirmière et les autres membres de l’équipe avaient une influence positive sur le risque de burn out. Une attention redoublée à ces différents éléments permettrait selon Marie-Cécile Poncet de limiter l’apparition des nombreux symptômes associés à l’épuisement professionnel que sont les perturbations du sommeil, l’insomnie, l’irritabilité, les troubles de l’alimentation ou encore les symptômes dépressifs. Rappelons enfin que selon ces travaux, sur la base du test Maslach Burnout Inventory, 32,8 % des infirmières françaises souffrent de « burn out ».


A.H.

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