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Recherche marqueurs de la dépression…désespérément !

Publié le 20/04/2007   |  1 réaction Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

Étayer un diagnostic par l’objectivation de marqueurs biologiques  constitue un grand espoir de la psychiatrie. Tendance profonde, reflétée par les publications actuelles. The American Journal of Psychiatry ne déroge pas à la règle, en évoquant l’apport éventuel d’examens complémentaires dans la dépression sévère. Identifier des critères para-cliniques dans les états dépressifs pourrait contribuer à éclairer leur physiopathologie, dépister le risque dépressif, et baliser de nouvelles pistes thérapeutiques.
Les auteurs citent trois études convergentes :
– Niveau du cortisol salivaire au réveil : reflet global du fonctionnement hypothalamo-antéhypophysaire, ce taux augmente chez les sujets de famille dépressive ;
– Imagerie par résonance magnétique nucléaire dans la reconnaissance d’une mimique de joie, moins efficace et plus lente chez les personnes déprimées : on observe que le traitement normalise les performances à ce test, parallèlement à l’amélioration de la symptomatologie dépressive, appréciée par l’échelle d’évaluation d’Hamilton ;
– Estimation (à l’électroencéphalographie) des moyens disponibles pour détecter une erreur : les sujets déprimés reconnaissent mieux leurs fautes, car ils mobilisent plus de ressources cérébrales. Exacerbée dans la mélancolie, cette faculté d’autocritique peut se muer toutefois en un dangereux boomerang, source de risque suicidaire par la vision péjorative de l’existence : l’auto-dépréciation pathologique.

Malgré des difficultés méthodologiques grevant l’interprétation de ces trois études (nature hétérogène de la dépression, présence possible d’une autre affection et quasi-systématique d’un traitement antidépresseur...), elles partagent une philosophie commune : « illustrer qu’une caractéristique perçue par le patient comme un échec personnel, le terrain dépressif, s’enracine profondément dans la neurobiologie ». Les adversaires du « tout biologique » se consoleront avec ce paradoxe de Jacques Faizant, où la dépression représente… un dérivatif fugace : «  La déprime, ça distrait un moment et puis on s’en lasse ! »



Dr Alain Cohen


Oquendo M et coll.: “What have we learned about the neurobiology of major depression ?” Am J Psychiatry 2007 ; 164 : 540-542.


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Vos réactions

"Recherche marqueurs de la dépression…désespérément !"

Le 20 avril 2007

Une "Recherche <de> marqueurs de !la! dépression" est dépourvue de sens dans la mesure où "dépression" est un des nombreux mots, comme "écologie", "social", "culture" (cf. T.S. Elliot "Notes towards the definition of culture") et tant d'autres que nous entendons ces temps-ci, qui ont perdu leur sens. Les causes en sont multiples, mais pour "depression" (volontairement sans accent aigu), le DSM et l'épistémologie positiviste qui le sous-tend est la principale.

Jean-François Foncin
j.f.foncin@wanadoo.fr

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