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Episode dépressif ou angoisse face au diabète de type 2 : le diagnostic différentiel est important

Publié le 18/05/2007 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

La coexistence d’un diabète et d’une dépression a des répercussions cliniques importantes ainsi que des implications thérapeutiques qui ont conduit à l’étude de cette association. Cependant les problèmes méthodologiques liés à la mesure de la dépression ont sans doute été sous-estimés. Le gold-standard pour l’ évaluation de la dépression consiste en des entretiens structurés et standardisés tel le CIDI (Composite International Diagnostic Interview) qui permettent un diagnostic de dépression majeure conforme au critères du DSM IV. Il s’agit d’une mesure longue à réaliser et coûteuse, c’est pourquoi dans un souci de simplification des questionnaires auto-administrés ont été développés comme le CESD (Center for Epidemiological Studies Depression Scale).

L’objectif de cette étude était de comparer deux mesures de la dépression, d’analyser leur impact clinique et leur lien avec l’angoisse face au diabète, mesurée selon une échelle validée. Pour cela, 506 patients ayant un diabète de type 2 connu depuis 8 ans en moyenne, sans complications sévères et âgés de 58 ans en moyenne ont été recrutés dans des centres de santé. Un entretien standardisé, le CIDI, et un auto-questionnaire, le CESD, ont été effectués par chaque patient.

Alors qu’un diagnostic de syndrome dépressif majeur était retrouvé chez 9,9 % des patients par le CIDI, 22 % atteignaient au CESD un score témoignant d’une symptomatologie dépressive et impliquant une dépression probable. La concordance entre les deux mesures était faible : pour 70 % des patients ayant une forte probabilité de dépression à l’auto-questionnaire, le diagnostic n’était pas confirmé par l’entretien et 34 % des patients ayant un syndrome dépressif majeur n’étaient pas dépistés par l’auto-questionnaire. De façon surprenante l’existence d’un syndrome dépressif majeur n’était pas associée à une élévation du taux d’HbA1c ni à un moindre suivi diététique ou à une diminution de l’exercice physique contrairement aux résultats de l’auto-questionnaire. La dépression et l’angoisse face au diabète étaient faiblement liées. Par contre les résultats de l’auto-questionnaire CESD étaient significativement corrélés à l’angoisse face au diabète. Ces deux questionnaires mesurant pour l’un, les symptômes dépressifs et pour l’autre, l’angoisse face à la maladie évaluaient donc une dimension différente de celle de la dépression ayant un impact important sur les comportements de soins et l’équilibre glycémique.

De nombreux patients diabétiques ont un niveau élevé de symptômes dépressifs sans qu’on puisse porter le diagnostic de dépression. Il s’agit alors du reflet d’un mal-être émotionnel et d’une angoisse face au diabète sans syndrome dépressif majeur. La prise en charge de ces malades doit tenir compte de cette distinction importante.



Dr Laurence Du Pasquier


Fisher L et coll :  “Clinical depression versus distress among patients with type 2 diabetes : not just a question of semantics.” Diabetes Care 2007 ; 30:542-548,2007.


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