Paris, le vendredi 15 juin 2007 – C’est un problème
d’arithmétique apparemment simple, mais qui recèle une inconnue
difficile à résoudre. Alors que la formation des infirmières
s’étale sur trois années et quatre mois d’études, leur diplôme est
assimilé à un bac+2. Rétablir l’égalité entre les deux termes de
l’équation est une revendication défendue depuis plusieurs années
par les étudiants face à un gouvernement apparemment sourd à toute
logique algébrique. Les ministres de la Santé qui se sont succédé
savent en effet que la résolution de cette opération les conduira
automatiquement à procéder à d’autres calculs : la revalorisation
des salaires des infirmières, afin qu’ils correspondent à leur
niveau reconnu d’études. Pour la première fois, à l’occasion d’une
rencontre avec des représentants des infirmières, qui appelaient ce
jeudi 14 juin à une nouvelle manifestation, le ministère de la
Santé a évoqué clairement la difficulté de prendre en considération
l’ensemble de ces enjeux.
Une question qui dépasse le seul ministère de la
Santé
Georges-François Leclerc, directeur de cabinet du ministre
Roselyne Bachelot, Yann Bubien, conseiller technique et Guy Boudet,
chef du bureau « professions paramédicales, statuts et personnels
hospitaliers » de la direction de l’hospitalisation et des soins
(DHOS) n’ont ainsi pas caché que ce dossier concernait plusieurs
ministères : outre celui de la santé, celui de l’enseignement
supérieur, du budget, des comptes publics et de la fonction
publique sont en effet impliqués. Dans un communiqué publié à
l’issue de la rencontre, le ministère a souligné une nouvelle fois
cette dimension financière en indiquant qu’une « étude commune au
ministère de la santé et au ministère de l’enseignement supérieur
est d’ores et déjà en cours quant à la faisabilité d’une telle
mesure et ses conséquences tant professionnelles que financières
».
Attractivité
Malgré l’évocation désormais sans ambages d’éventuels freins
financiers, la teneur de la réunion aura globalement satisfait les
représentants de la profession. Ils ont en effet été assurés que la
réforme concernant la formation des infirmières « était à l’agenda
du gouvernement ». Une réunion est notamment prévue avant le 15
juillet qui pourrait être l’occasion de signer une lettre de
cadrage, comme l’a indiqué le président de la Coordination
nationale infirmière (CNI), François Izard. Mais les syndicats sont
d’ores et déjà conscients que la partie se révélera sans doute
particulièrement difficile à jouer, notamment en ce qui concerne
leurs revendications salariales. La vigilance est de rigueur pour
le représentant de Sud santé-sociaux, Patrick Nicolaon qui indique
: « Le ministère veut aborder les revalorisations salariales après
les discussions sur le niveau licence (…). Nous proposons pour
notre part des revalorisations en deux temps, une dès maintenant et
une autre après les discussions sur le niveau licence et le LMD,
car il y a urgence pour rendre la profession plus attractive ».
Parmi les autres difficultés redoutées par les syndicats, figurent
en outre l’indéfini prolongement des discussions en l’absence de
date butoir et la mise en place d’une revalorisation qui ne profite
qu’aux seules nouvelles diplômées.
A.H.
Copyright © http://www.jim.fr