Pilule du lendemain : faut-il en disposer la veille ?

Prise moins de 72 heures après le rapport sexuel, la contraception hormonale d’urgence (CHU) alias « pilule du lendemain »  permet d’éviter 3 grossesses sur 4. L’optimisation de cette efficience passe par une facilité d’obtention maximale. Poussant cette logique à son extrême, certains médecins recommandent d’acheter à l’avance une boîte de CHU pour pouvoir en disposer plus facilement en cas de besoin pensant ainsi améliorer la compliance donc l’efficacité. Ce conseil est-il justifié au regard des données disponibles ?

Selon la Bibliothèque Cochrane, il semble bien que la réponse soit négative. Les auteurs de cette prestigieuse société savante ont synthétisé les données de 8 essais randomisés disponibles qui ont inclus plus de 6 300 patientes et comparé les taux de grossesse en fonction du mode de disponibilité de la CHU : approvisionnement préventif ou délivrance à la demande en dispensaire ou pharmacie.

En cas d’approvisionnement préventif, le recours à la CHU était effectivement plus fréquent (odds ration [OR]=2,5 ; intervalle de confiance à 95 % [IC95] de 1,7 à 3,7) et plus précoce :
-14,6 heures (IC95 de -16,7 à  -12,4 h). Cependant, les taux de grossesse sont restés comparables dans les deux groupes : OR =1 (IC95 de 0,78 à 1,29) au bout de 12 mois.

Cette synthèse nous confirme donc que l’achat préventif de la CHU augmente bien la compliance mais ne modifie pas le risque de grossesse non désirée. Bien entendu, cette conclusion ne remet nullement en question l’intérêt de la CHU et de sa prise la plus précoce possible après le rapport sexuel non ou mal protégé. Cependant, elle confirme que l’amélioration de l’efficacité de la CHU passe plus par une meilleure information des femmes que par une modification des conditions de délivrance qui, pour ce qu’il en est tout au moins de la France, sont déjà largement facilitées avec un accès sans prescription médicale et gratuit pour les mineures.

Dr Jean-Michel Brideron

Référence
Polis CB et coll. : Advance provision of emergency contraception for pregnancy prevention (full review). Cochrane Database of Systematic Reviews 2007 ; Avril 18 (2) : CD005497.

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Vos réactions (2)

  • "Pilule du lendemain : faut-il en disposer la veille ?"

    Le 02 août 2007

    Ces études comparent l'efficacité de la méthode entre deux deux groupes qui ont eu accès à cette contraception,mais dans des délais différents. Combien de grossesses non désirées faute d'avoir pu disposer à temps de la pilule ? Ce serait tout l'intéret d'une disposition "préventive"

    Jean-Paul Goolaerts

  • "Pilule du lendemain : faut-il en disposer la veille ?"

    Le 11 août 2007

    Quelle est la différence en terme d'éfficacité entre la CHU estro-progestative et celle au levonorgestrel. y a t-il eu des essais randomisés ?

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