Une avancée dans le diagnostic de l’allergie au moustique !

Les réactions allergiques aux piqûres de moustique, qu’elles soient locales ou systémiques, mettent en jeu les IgE, les IgG et l’hypersensibilité médiée par les lymphocytes T en réponse aux allergènes présents dans la salive de l’insecte. Une dégranulation mastocytaire non IgE-médiée a également été décrite.

Les réactions locales apparaissent dans les minutes suivant la piqûre sous la forme d’un œdème érythémateux prurigineux accompagné de papules ecchymotiques, voire de réactions vésiculeuses ou bulleuses. Des réactions de type Arthus peuvent survenir 2 à 6 heures après la piqûre et persister plusieurs jours, voire plusieurs semaines. Le syndrome de Skeeter est une réaction locale inflammatoire provoquée par la salive du moustique, il est parfois accompagné d’une fébricule et est souvent considéré, à tort, comme une cellulite.

Les réactions systémiques comprennent angio-œdème, urticaire généralisée, nausées, vomissements, sifflements et toute autre manifestation d’anaphylaxie.
Les enfants ayant une immunité naturelle plus faible sont particulièrement à risque de développer des réactions sévères tout comme les sujets en contact pour la première fois avec une espèce donnée de moustique ainsi que les patients dont les lymphocytes natural-killer sont infectés par le virus d’Epstein-Barr.

Une désensibilisation naturelle à l’allergie au moustique peut survenir, mais n’est pas obligatoire, durant l’enfance ou l’adolescence. Jusqu’ici, les extraits disponibles n’étant pas satisfaisant (extraits de corps entiers), l’allergie était souvent sous-diagnostiquée et sous-traitée. Des allergènes recombinants de la salive ayant une activité biologique sont en train d’être développés. Aedes aegpty est le moustique le plus répandu sur la planète et il partage de nombreux allergènes avec les autres espèces de moustique. Jusqu’ici, 4 allergènes recombinants ont été produits et identifiés comme allergènes : rAed a1, 2, 3 et 4. Ces allergènes ont été testés avec succès à la fois in vivo (prick-tests cutanés) et in vitro (IgE spécifiques). On peut donc espérer une amélioration rapide de la prise en charge de l’allergie au moustique…

Dr Geneviève Démonet

Référence
Peng Z et coll. : Advances in mosquito allergy. Curr Opin Allergy Clin Immunol 2007 ; 7 : 350–354.

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