Dégénérescence maculaire liée à l’âge : un variant du complément en vue

La dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA) est la principale cause de cécité dans les pays occidentaux. Elle affecte la région maculaire de la rétine, qui est particulièrement riche en photorécepteurs. La macula est spécialisée dans la vision centrale et c’est cette dernière qui est particulièrement touchée par cette maladie dont la pathogénie reste fort mal connue.

Comme toutes les pathologies à révélation tardive, la susceptibilité individuelle varie en fonction de l’âge, du contexte ethnique et d’une combinaison de facteurs tant génétiques qu’environnementaux. Le tabagisme et les antécédents familiaux jouent un rôle bien établi. Il y a peu, des polymorphismes des gènes codant pour les facteurs H et B du complément (CFH et CFB) ont été associés au risque de DMLA. Il semblerait que l’inflammation et l’activation du complément contribuent à la dégénérescence de la macula, selon des mécanismes qui restent à déterminer.

D’autres variants génétiques affectant la voie du complément sont-ils à même d’intervenir dans la pathogénie de la DMLA ? Il semble que oui, si l’on en juge d’après les résultats d’une étude cas-témoins, réalisée dans le sud-ouest de l’Angleterre, dans laquelle ont été inclus 603 patients atteints de cette affection dégénérative et 350 témoins. Une étude similaire a été menée en Ecosse sur 244 cas et 351 témoins, dans le but de répliquer les résultats de la première.

Au total, ont été testés 13 SNP (single nucleotide polymorphism) concernant les gènes qui codent pour les fractions C3 et C5. Dans tous les cas, un cliché photographique du fond d’œil a été réalisé afin de déterminer précisément le stade de la DMLA.

Dans la première étude, une association étroite a été mise en évidence entre la DMLA et les polymorphismes fonctionnels courants rs2230199 (Arg80Gly) du gène C3 correspondant aux variants électrophorétiques C3S (slow) et C3F (fast) (p=5,9x 10-5). Des résultats similaires ont été obtenus dans la deuxième étude (p=5,0x10-5).

Chez les hétérozygotes S/F, le risque relatif, en fait l’odds ratio (OR), a été estimé à 1,7 (versus homozygotes S/S). Chez les homozygotes S/S, l’OR correspondant a été estimé à 2,6.

Cette étude suggère que le complément C3 joue un rôle important dans la pathogénie de la DMLA.

Dr Peter Stratford

Référence
Yates JRW et coll. : Complement C3 variant and the risk of age-related macular degeneration. N Engl J Med 2007 ; 357 : 553-561.

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