Une piste génétique pour le syndrome des jambes sans repos

Le syndrome des jambes sans repos (SJSR) est une affection neurologique courante qui comporte des signes moteurs et sensitifs. Le sommeil est souvent interrompu par des mouvements involontaires, hautement stéréotypés et réguliers des jambes. Sa prévalence aux Etats-Unis et en Europe du Nord est comprise entre 5 % et 15 %, donc élevée, mais en dépit de cette donnée, la pathogénie du syndrome en question reste fort mal connue. L’impact sur la qualité de vie peut être sévère. Le rôle de la carence ferrique et des anémies férriprives a été largement évoqué, mais des facteurs génétiques entrent certainement en ligne de compte, comme le soulignent d’ores et déjà certaines études bien documentées.

Les disparités ethniques quant à sa prévalence sont un indice : 5 à 15 % dans les populations d’Europe de l’Ouest, versus 0,1 % à Singapour, 2 % en Equateur, 3,2 % en Turquie et 4,6 % au Japon, tout au moins chez les sujets âgés de ce pays.
L’identification des bases génétiques du syndrome est difficile, car son expression est fortement liée à l’âge. Si un tiers des patients sont affectés avant l’âge de 20 ans, c’est le plus souvent entre 40 et 60 ans que les troubles s’installent de manière plus ou moins fréquente, sur le mode sensitif plus que moteur, avec des phases asymptomatiques.

Une étude réalisée en Islande semble bien mettre sur la piste d’un facteur génétique. Elle a inclus des patients atteints d’un SJSR confirmé et caractérisé par  des mouvements périodiques des jambes constatés durant le sommeil. Cette population a été sélectionnée selon ces critères neurologiques précis, de façon à réduire l’hétérogénéité phénotypique qui aurait compliqué la recherche du facteur génétique.

L’analyse génomique a permis de mettre en évidence une association significative entre la maladie et un variant commun concernant l’intron du BTBD9 siégeant sur le chromosome 6p21.2, l’odds ratio (OR) correspondant étant en effet de 1,8 (p=2x10-9). Cette association a été répliquée dans un autre échantillon de la population islandaise, avec un OR de 1,8 et un échantillon composé d’Américains (OR, 1,5).

Avec ce variant, le risque attribuable de SJSR avec mouvements périodiques des jambes durant le sommeil, a été estimé au sein de la population générale à environ 50 %. En outre, les taux sériques de ferritine apparaissent diminués de 13 % par allèle du variant à risque (p=0,002).
Cette étude identifie un facteur de susceptibilité génétique au syndrome des jambes sans repos, avec mouvements périodiques de celles-ci constatées objectivement au cours du sommeil. La corrélation inverse entre ce variant génétique et les stocks de fer plaide en faveur d’un rôle de la déplétion ferrique dans la pathogénie de ce syndrome.

Dr Peter Stratford

Référence
Stefansson H et coll. : “A genetic risk factor for periodic limb movement in sleep.” N Engl J Med 2007; 357: 639-647.

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