Cancer du sein : le létrozole fait mieux que le tamoxifène même en présence de facteurs de mauvais pronostic

En 2007, les inhibiteurs de l’aromatase (IA) de nouvelle génération comme le létrozole sont devenus des standards dans le traitement adjuvant du cancer du sein hormono-dépendant. Il subsiste néanmoins quelques incertitudes quant à la place de ces IA par rapport au tamoxifène – inhibiteur compétitif des oestrogènes – qui pourrait leur être associé soit avant soit après.

En attendant les résultats des essais en cours, il a semblé intéressant à une équipe française travaillant à l’Institut Bergonie de Bordeaux d’examiner les facteurs associés au risque de récidive précoce parmi les patientes incluses dans l’essai BIG 1-98. Pour rappel, le « Breast International Group 1-98 trial » est un essai multicentrique international en double-aveugle incluant plus de 8 000 patientes initialement destiné à comparer les résultats de la prise de létrozole ou de tamoxifène en première intention et qui a déjà montré qu’à moyen terme la prise de l’IA réduisait le risque de récidive par rapport au tamoxifène. Parmi 7 707 malades éligibles, le taux de rechute précoce (durée moyenne de suivi de 2 ans) a été de 3,7 % (3,1 % sous létrozole, 4,4 % sous tamoxifène). Les facteurs de risque de rechute précoce identifiés sont l’atteinte ganglionnaire (p < 0,001), l’absence d’un des deux types de récepteurs hormonaux (p < 0,001), une surexpression du récepteur de type 2 de l’human growth epidermal (HER2)  factor (p < 0,001), un score SBR élevé (p < 0,001), un volume tumoral important (p = 0,001), une invasion vasculaire (p = 0,02) et, enfin, un traitement par le tamoxifène (p = 0,002). Aucune interaction significative n’était mise en évidence entre ces divers facteurs de risque.

Ainsi, ces données nous montrent que la prise de létrozole en première intention est associée à une plus grande réduction du risque de rechute que le tamoxifène et ce même en présence d’éléments de mauvais pronostic comme une extension ganglionnaire, une taille tumorale importante ou une invasion vasculaire péritumorale. Cette étude confirme donc l’apport clinique prépondérant des IA de 3ème génération dans nombre de cancers du sein plus ou moins évolués même s’il reste possible que le tamoxifène puisse leur être associé. À noter cependant que la variable « mortalité » n’a pas été étudiée et qu’il s’agit d’une analyse à court terme.

Dr Jean-Michel Brideron

Référence
Mauriac L et coll. « Predictors of early relapse in postmenopausal women with hormone receptor-positive breast cancer in the BIG 1-98 trial » Ann Oncol. 2007 ; 18 : 859-67

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