Le stress fait grossir…probablement à cause du neuropeptide Y

La relation entre le stress et l’obésité reste difficile à cerner. En réponse au stress, certaines personnes perdent du poids, d’autres en prennent. Des chercheurs de l’Université de Georgetown à Washington ont montré que le stress favorise l’obésité via le neuropeptide Y (NPY) par un mécanisme périphérique sur le tissu adipeux abdominal.

Le neuropeptide Y est un peptide cérébral présent également dans les terminaisons sympathiques et qui a une activité orexigène favorisant en particulier la prise d’aliments riches en hydrates de carbone. Les chercheurs américains ont montré que des stress tels que l’exposition au froid ou l’agression induisent la libération de NPY à partir des nerfs sympathiques, qui à leur tour augmentent le NPY et ses récepteurs Y2 (NPY2-R) dans la graisse abdominale de manière dépendante des glucocorticoïdes. Le rétrocontrôle en feed-back positif du NPY entraîne l’augmentation de la graisse abdominale. La libération de NPY et l’activation de NPY2-R stimulent l’angiogenèse du tissu adipeux, l’infiltration macrophagique, et la prolifération et la différentiation de nouveaux adipocytes, avec pour conséquence une obésité abdominale et un syndrome métabolique. Le NPY, comme le stress, stimule la croissance du tissu adipeux chez la souris et chez l’homme alors que l’inhibition pharmacologique ou l’inactivation du NPY2-R au niveau de la graisse est anti-angiogénique et anti-adipogénique, induisant une réduction de l’obésité abdominale et des anomalies métaboliques.

Ainsi, les manipulations de l’activité du récepteur de NPY au niveau du tissu adipeux sont susceptibles de remodeler la graisse, et offrent des perspectives de traitement de l’obésité et du syndrome métabolique.

Dr Arielle Lellouch-Tubiana

Référence
Kuo LE et coll. : “Neuropeptide Y acts directly in the periphery on fat tissue and mediates stress-induced obesity and metabolic syndrome.” Nat Med. 2007 ; 13 : 803-11

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Vos réactions (1)

  • "Le stress fait grossir…probablement à cause du neuropeptide Y"

    Le 28 août 2007

    Le stress est par définition un phénomène subjectif : la réaction d'un organisme à une situation perçue comme menaçante. Il ne faut pas oublier l'ampli dont le déréglage est plus important que le disque présent dans le lecteur. Cette "stressabilité" est d'origine dépressive. D'ailleurs l'obésité a souvent une composante dépressive, qu'elle s'associe à une boulimie ou à une hypophagie paradoxale. La relation causale est donc logique. A est lié à B car tous deux sont liés à C.
    Enfin, il ne faut jamais oublier le principe d'Epictète : concentrez vos efforts sur ce à quoi vous pouvez quelque chose et non à ce sur quoi vous ne pouvez rien !

    Bernard Maroy

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