Dépistage du cancer du sein : quelle est l’attitude des femmes après un « faux positif » ?

Le cancer du sein représente l’une des principales causes de mortalité des femmes de la quarantaine. Il est donc tentant de leur appliquer les mêmes stratégies de dépistage que celles utilisées chez leurs aînées. Cependant, même après 50 ans, ce dépistage, basé sur la mammographie, reste sujet à polémiques. Il en est de même chez la femme plus jeune où la réduction de mortalité attendue est bien difficile à confirmer sans réserve. De plus, il existe un risque d’accroissement du taux de faux positifs, estimé entre 20 et 40 % au bout de 10 mammogrammes. Ces suspicions de cancer non confirmées pourraient induire des effets négatifs à type d’actes chirurgicaux injustifiés, d’anxiété ou de perte de confiance envers le corps médical.

Une équipe américaine s’est justement attachée à synthétiser les données disponibles concernant les conséquences à long terme de ces faux positifs. Vingt-trois études observationnelles impliquant plus de 300 000 patientes ont été retenues. En présence d’un antécédent de faux positif, la probabilité de refaire une mammographie de dépistage était légèrement plus élevée chez la femme américaine (OR 1,07 ; IC95 % 1,02-1,12), n’était pas influencée chez la patiente européenne (OR 0,97 ; IC95 % 0,93-1,01) mais était réduite dépistage chez la Canadienne (OR 0,63 IC95% 0,50-0,80). Ces femmes examinaient plus fréquemment leur poitrine avec un niveau plus élevé d’anxiété et de préoccupations concernant le cancer du sein.

L’annonce d’une suspicion non confirmée de cancer du sein semble entraîner à long terme quelques effets très limités pour ne pas dire marginaux sur le bien-être psychologique et sur la probabilité de se soumettre ultérieurement à une nouvelle procédure de dépistage.

Dr Jean-Michel Brideron

Référence
Brewer N et coll.. « Systematic Review: The Long-Term Effects of False-Positive Mammograms » Ann Intern Med. 2007 ; 146 : 502-10

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