Les antihistaminiques sont-ils utiles dans le traitement de l’anaphylaxie ?

L’adrénaline est le traitement de référence du choc anaphylactique. Les antihistaminiques sont cependant couramment employés comme thérapeutique adjuvante. Durant la réaction anaphylactique, l’histamine joue un rôle central dans l’inflammation allergique aiguë mais elle n’est pas isolée : un réseau complexe de signaux se met en place, faisant intervenir tryptase, carboxypeptidase, facteur d’activation plaquettaire, prostaglandines, leucotriènes et cytokines. On peut donc s’interroger, dans ces circonstances, sur l’efficacité d’un seul antagoniste de l’histamine.
 
Une revue de la littérature a été menée dans cette optique. La recherche s’est effectuée par l’intermédiaire du Registre Central des Essais Contrôlés de la Cochrane, de MEDLINE (1996 à juin 2006), EMBASE (1996 à juin 2006), CINAHL (1982 à juin 2006) et ISI Web of Science (1945 à juillet 2006). De plus, firmes pharmaceutiques et experts internationaux ont été contactés pour tenter de retrouver des essais non publiés.

Les critères de sélection exigeaient des études contrôlées randomisées ou quasi-randomisées comparant antihistaminique au placebo ou à l’absence de traitement.
Tout type de patient a été considéré quel que soit son âge, le lieu de traitement et la cause de l’anaphylaxie (aliment, venin, médicament, latex, exercice…).

Le résultat est étonnant : sur les 2 070 travaux identifiés, aucune étude n’a pu remplir les conditions d’inclusion !

Aucune preuve scientifique n’a donc pu être retenue pour ou contre l’utilisation des antihistaminiques dans le traitement du choc anaphylactique…
Il est cependant admis que les antihistaminiques peuvent améliorer certains symptômes associés à l’anaphylaxie tels que prurit, urticaire, rhinorhée, mais ils sont inefficaces sur l’obstruction des voies aériennes, les symptômes gastro-intestinaux et le choc. Leur utilisation ne doit donc en aucun cas retarder l’utilisation de l’adrénaline.
Des études contrôlées sur le sujet sont donc nécessaires mais difficiles à mettre en place dans un contexte d’urgence…

Dr Geneviève Démonet

Référence
Sheikh A et coll “H1-antihistamines for the treatment of anaphylaxis: Cochrane systematic review” Allergy 2007 62 (8), 830–837.

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