La fatigue, au premier rang des symptômes liés à la prise d’un traitement antiandrogénique pour cancer de la prostate

Le traitement antiandrogène (AA) est mis en œuvre dans le traitement du cancer de prostate (KP) métastasé, mais parfois aussi devant une ascension post-thérapeutique du taux de l’antigène spécifique de la prostate (PSA) ou comme traitement adjuvant. Ce traitement, dont la durée prête à discussion, est à l’origine d’effets secondaires endocriniens (impuissance), ostéoporotiques, mais aussi sur la qualité de vie Cette étude s’est particulièrement attachée aux conséquences sur les fonctions cognitive et physique des AA.

Les auteurs ont comparé 57 malades (GM) recevant des AA depuis plus de 3 mois pour des KP non métastasés (traitement adjuvant ou récidive biologique après chirurgie ou radiothérapie) à 51 hommes d’un groupe témoin (GT) appariés par âge, par statut marital et par niveau d’éducation.  Le traitement AA a consisté en agonistes de la LH-RH, isolés (48) ou associés(9). Aucun malade n’a reçu de cyprotérone.

Les sujets ont été soumis à des tests physiques (marche pendant 6 minutes, force de préhension, lever et mise en route à partir de la position assise, actes de la vie courante) ; par ailleurs, les malades ont eu à répondre à des questionnaires de qualité de vie, de  fatigue et de fonctions cognitives (concentration, mémoire, maîtrise des mots), mais aussi sur leurs douleurs, leurs relations avec le milieu familial et social, leurs troubles urinaires, sexuels, intestinaux. Enfin, on a dosé l’hémoglobine et la testostérone, sensiblement plus basses chez les malades (13,4g/100ml et 10 pg/ml) que chez les témoins (148g/100ml et 17 pg/ml).

On n’a pas pu mettre en évidence de différence entre les fonctions physiques et générales des malades recevant des agonistes de la LH-RH et ceux n’en recevant pas. De même, les fonctions cognitives étudiées par les différents tests ont été similaires dans les groupes GM et GT et l’anémie n’a pas influencé les résultats.

La qualité de vie n’est guère modifiée non plus si ce n’est la sensation de fatigue sévère accusée par 14 % des malades vs 4 % des témoins. En revanche, comme on pouvait le prévoir, les troubles urinaires et surtout sexuels sont beaucoup plus souvent (95 %) rencontrés chez les malades que chez les témoins (33 %), d’ailleurs bien corrélés avec la perte d’énergie et la fatigue.

Le traitement par les agonistes de la LH-RH ne perturbe pas les fonctions physiques ni cognitives, mais est très asthéniant.

Dr Jean-Fred Warlin

Référence
Joly F et coll. : “Impact of androgen deprivation therapy on physical and cognitive function, as well as quality of life of patients with non metastatic prostate cancer.” J Urol. ; 2006 ; 176 : 2443-7.

Copyright © http://www.jim.fr

Réagir

Vos réactions

Soyez le premier à réagir !

Les réactions aux articles sont réservées aux professionnels de santé inscrits
Elles ne seront publiées sur le site qu’après modération par la rédaction (avec un délai de quelques heures à 48 heures). Sauf exception, les réactions sont publiées avec la signature de leur auteur.

Réagir à cet article