« Le travail c’est la santé »… « Aider par le travail »…
C’est la philosophie des centres d’aide par le travail (CAT),
devenus récemment les établissements ou services d’aide par le
travail (ESAT), des structures médico-sociales, accessibles sur
orientation par la commission des droits et de l’autonomie des
personnes handicapées. Ces expressions résument l’idée fréquente
que le travail puisse constituer, en lui-même, une forme de
thérapie.
Dans le cas particulier du schizophrène, la reprise d’une
activité professionnelle serait un signe objectif de rémission,
gage appréciable de sa réinsertion sociale. The British Journal of
Psychiatry publie une étude internationale sur ce thème,
basée sur des données épidémiologiques collectées pendant deux ans
dans trois pays (Grande-Bretagne, Allemagne et France) dans le
cadre de l’étude EuroSC (European Schizophrenia Cohort study) avec
le recueil d’informations auprès de 1 208 patients âgés de 18 à 64
ans, pour lesquels un diagnostic de schizophrénie a été porté sur
les critères du DSM-IV. Quelques nuances ont été observées dans la
collection de ces données selon les pays : ainsi, la législation
allemande ne permettait pas de préciser l’origine ethnique, mais
seulement « né en Allemagne » ou « résident en Allemagne sans y
être né ».
Sans surprise, les troubles les plus sévères, un plus grand
isolement social, l’addiction à des drogues, une mauvaise
observance du traitement, l’absence de diplôme ou de formation
constituent autant de handicaps pour exercer une activité.
L’environnement socio-économique se révèle également crucial :
comme tous, mais de façon amplifiée, les malades mentaux subissent
le chômage ambiant. Pour leur remise au travail, l’Allemagne fait
toutefois mieux que ses voisins : cette étude montre que la
proportion des schizophrènes exerçant une activité y est environ
triple qu’en France ! Pour les auteurs de l’enquête, si la
schizophrénie ne constitue donc pas forcément un obstacle
infranchissable au travail, elle n’en affecte pas moins, en
pratique, la probabilité d’en trouver.
Dr Alain Cohen
Marwaha S et coll. : “Rates and correlates of employment in people with schizophrenia in the UK, France and Germany”. Brit J of Psychiatry, 2007; 191 : 30-37).
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