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Du travail pour les schizophrènes

Publié le 30/08/2007 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

«  Le travail c’est la santé »… « Aider par le travail »… C’est la philosophie des centres d’aide par le travail (CAT), devenus récemment les établissements ou services d’aide par le travail (ESAT), des structures médico-sociales, accessibles sur orientation par la commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées. Ces expressions résument l’idée fréquente que le travail puisse constituer, en lui-même, une forme de thérapie.

 Dans le cas particulier du schizophrène, la reprise d’une activité professionnelle serait un signe objectif de rémission, gage appréciable de sa réinsertion sociale. The British Journal of Psychiatry publie une étude internationale sur ce thème,
basée sur des données épidémiologiques collectées pendant deux ans dans trois pays (Grande-Bretagne, Allemagne et France) dans le cadre de l’étude EuroSC (European Schizophrenia Cohort study) avec le recueil d’informations auprès de 1 208 patients âgés de 18 à 64 ans, pour lesquels un diagnostic de schizophrénie a été porté sur les critères du DSM-IV. Quelques nuances ont été observées dans la collection de ces données selon les pays : ainsi, la législation allemande ne permettait pas de préciser l’origine ethnique, mais seulement « né en Allemagne » ou « résident en Allemagne sans y être né ».

Sans surprise, les troubles les plus sévères, un plus grand isolement social, l’addiction à des drogues, une mauvaise observance du traitement, l’absence de diplôme ou de formation constituent autant de handicaps pour exercer une activité. L’environnement socio-économique se révèle également crucial : comme tous, mais de façon amplifiée, les malades mentaux subissent le chômage ambiant. Pour leur remise au travail, l’Allemagne fait toutefois mieux que ses voisins : cette étude montre que la proportion des schizophrènes exerçant une activité y est environ triple qu’en France ! Pour les auteurs de l’enquête, si la schizophrénie ne constitue donc pas forcément un obstacle infranchissable au travail, elle n’en affecte pas moins, en pratique, la probabilité d’en trouver.



Dr Alain Cohen


Marwaha S et coll. : “Rates and correlates of employment in people with schizophrenia in the UK, France and Germany”. Brit J of Psychiatry, 2007; 191 : 30-37).




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