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Schizophrénie et théorie de l’esprit

Publié le 05/09/2007   |  2 réactions Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

Née vers 1978 de travaux d’éthologie (David Premack et Guy Woodruff) sur les chimpanzés, la théorie de l’esprit fut ensuite appliquée à la cognition humaine, notamment avec les travaux de Simon Baron-Cohen, Alan M Leslie et Uta Frish, pour atteindre désormais le champ de la psychologie et de la psychiatrie où ses apports essentiels concernent l’autisme et la schizophrénie.

Du point de vue de cette théorie, ces pathologies sont considérées globalement comme le produit de déficiences à se représenter autrui comme un être pensant, selon sa propre image. D’où la difficulté (voire l’impossibilité) pour intégrer l’autre, ignoré ou méconnu, dans sa propre perception du monde extérieur.

Rencontrés à la fois chez les autistes et chez les psychotiques (souvent comme problèmes principaux), les troubles de l’adaptation sociale résulteraient ainsi en grande partie des défaillances dans les facultés de prédire ou de comprendre les comportements d’autrui, sur la base de ses états mentaux supposés. En un sens, la théorie de l’esprit constitue une « métathéorie » puisqu’elle porte sur la possibilité de raisonner sur le raisonnement (pouvoir penser par exemple à ce que les autres pensent de nous). Un article du British Journal of Psychiatry fait le point sur son apport pertinent dans notre vision actuelle de la schizophrénie, en recourant à une méta-analyse de 29 études récentes sur ce thème (publiées entre Janvier 1993 et Mai 2006).

Cette analyse rétrospective confirme l’existence de déficits significatifs de la mentalisation dans la schizophrénie, même chez les patients en rémission. Une carence de représentation mentale constitue donc bien un trait caractéristique de cette affection, concluent les auteurs. Et pour les recherches futures, ils préconisent de s’intéresser à ce déficit de mentalisation avant même l’apparition clinique de la maladie (dont il serait ainsi un signe indicatif). Autre axe de travail : il faudrait préciser les points communs et les différences des troubles de la représentation mentale, dans l’autisme et dans la schizophrénie.



Dr Alain Cohen


Sprong M et coll. : “Theory of mind in schizophrenia.” Br J Psychiatry 2007; 191 : 5-13.


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Vos réactions

"Schizophrénie et théorie de l’esprit"

Le 12 septembre 2007

Tout schizophrène construit sa prope théorie du monde qui inclu sa propre vision d'autrui, et de lui-même. Et la variété des signes cliniques ne facilite pas l'approche de ce trouble.
En cela le schizophrène fait comme tout être humain: à travers sa pathologie il s'explique le monde et son existence, donnant un sens à ses troubles.
La théorie de l'esprit est une tentative semblable à celle de tout être humain et celle des schizophrènes pour expliquer ce qui, pour l'heure, est encore inexplicable. Derrière son "scientisme" elle n'est pas plus pertinente, ni moins, qu'une théorie de schizophrène.

Chrisitan Lahourcade

"Schizophrénie et théorie de l’esprit"

Le 14 septembre 2007

Une théorie à succés et non dénuée d'intéret mais qui comme d'autres cherche à maitriser une maladie plus qu'à comprendre la manière d'étre au monde d'un sujet et qui donc le réduit à une maladie et à étre un objet de science. La théorie de l'esprit est utile tant qu'elle reste un outil d'approche relationnelle mais il ne faudrait pas en attendre plus. Les découvertes de la théorie de l'esprit sont pour partie une réécriture d'une approche à la fois plus ambitieuse et plus modeste de compréhension des difficultés et particularité de l'étre au monde schizophrène que l'on peut trouver dans un ouvrage remarquable : " la perte de l'évidence naturelle , contribution à l'étude des shizophrénies pauci-symptomatiques " de Blankenburg.

Thierry Colin

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