Quand le traitement de la dysfonction érectile fait baisser…les chiffres tensionnels !

Les inhibiteurs sélectifs de la phosphodiestérase de type 5 (ISPDE-5) sont indiqués dans le traitement des dysérections. Il a été décrit avec les ISPDE-5 une baisse légère et temporaire des chiffres tensionnels. Des études rétrospectives semblent également retrouver une amélioration de la prise en charge des facteurs de risque cardiovasculaire (hypolipémiants, traitement à visée coronarienne) chez les patients sous ISPDE-5.

Une équipe a cherché à savoir si la prescription d’un ISPDE-5 s’accompagne d’une modification durable des chiffres tensionnels.

Dans le cadre d’une étude rétrospective, ont été analysés les dossiers de 6 768 patients masculins ayant un antécédent de prise d’un traitement antihypertenseur et ayant également bénéficié d’une prescription d’un ISPDE-5 pour un problème de dysfonction érectile. Cinquante-cinq pour cent d’entre eux (âgés en moyenne de 62 ans) avaient une pression systolique ≥ 140 mm Hg avant la prise de l’ISPDE-5.

En moyenne, il a été observé une baisse de 1,43 mm Hg (intervalle de confiance à 95 % [IC] : - 1,69 à -1,18) après l’administration de l’IPDE-5. La baisse était plus marquée chez les patients ayant une pression artérielle systolique de base ≥ 160 mm Hg (-17,8 mm Hg ; IC : -18,8 à -16,8). En moyenne, après initiation du traitement par l’ISPDE-5, les patients ont plus volontiers débuté un antihypertenseur (17,3 %) qu’ils ne l’ont arrêté (2,3 %). Ils ont également plus fréquemment vu leur nombre de traitements antihypertenseurs augmenter (42,2 %) que diminuer (17,3 %). La surveillance tensionnelle a été en moyenne plus étroite, avec des contrôles plus réguliers (+ 42 %). 

Cette étude suggère donc que la prise en charge d’une dysérection par un ISPDE-5 pourrait accessoirement et indirectement induire une baisse des chiffres tensionnels. Cette étude n’est malheureusement que rétrospective. Il serait tentant de savoir si l’arrêt du traitement de la dysérection fait remonter… la tension.

Dr Olivier Meillard

Référence
Scranton RE et coll. : “Effet of treating erectile dysfunction on management of systolic hypertension.” Am J Cardiol 2007 ; 100 : 459-63

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