Menu pour diminuer de façon spectaculaire la prévalence du syndrome métabolique

Il avait déjà été montré que la consommation alimentaire de produits laitiers, de céréales et de poisson était chacune et inversement associée avec la résistance à l’insuline et donc le syndrome métabolique. Cependant les consommations de ces divers produits sont rarement isolées et la modification d’un élément dans le régime alimentaire peut être contre-balancée par la modification des autres éléments.

Pour analyser la relation existant entre la consommation de ces trois types d’aliments et la fréquence de l’insulino-résistance, un échantillon de 912 hommes âgés de 45 à 64 ans a été sélectionné au hasard dans la population de 3 centres (à Lille, Strasbourg et Toulouse) participant à l’étude MONICA. Soixante pour cent de la population contactée a accepté de répondre à l’enquête.

Des questionnaires sur les facteurs de risque et la consommation alimentaire sur 3 jours ont été complétés. La taille, le poids, le périmètre abdominal et la pression sanguine ont été mesurés ainsi que les lipides sanguins et la glycémie. Les données ont été analysées en fonction de l’importance de la consommation de chaque groupe d’aliments (classée en quintiles ou en tertiles pour le poisson)  et selon la médiane de consommation par jour pour les produits laitiers (lait et fromage, 177 g/j), les céréales (y compris le pain, 175 g/j) et les poissons et fruits de mer (de toutes origines, 33 g/j).

La prévalence globale d’insulino-résistance était de 23,5 %. Elle atteignait  29 %, 28,1 % et 28,1 % lorsque la consommation était inférieure à la médiane pour les poissons, les produits laitiers,  et les céréales respectivement. Lorsque la consommation de l’ensemble des 3  groupes d’aliments était supérieure à la médiane,  la prévalence était de 13,1 %  contre 37,9 % en cas de consommation inférieure à la médiane (p<0,001).

En régression logistique ajustée pour les facteurs de confusion (centre, âge, activité physique, niveau d’éducation,  tabagisme, régime amaigrissant, consommation d’alcool, traitements contre l’HTA et les dyslipidémies, consommation d’énergie et index de qualité alimentaire), les odds ratios d’insulino-résistance lorsque les consommations de chaque type d’aliment étaient supérieures à la médiane étaient respectivement de 0,51( intervalle de confiance à 95 % : 0,36 à 0,71) pour le poisson, de 0,67 (0,47 à 0, 94) pour les produits laitiers et 0,69 (0,47 à 1,01) pour les céréales. Lorsque la consommation associée des 3 sortes d’aliment était supérieure à la médiane, l’odds ratios atteignait 0,22 (0,10 à 0,44).

Il était déjà connu que la consommation alimentaire de produits laitiers, de céréales et de fruits de mer était associée à une diminution de la prévalence du syndrome métabolique. Cette étude montre que l’association de ces 3 types d’aliments le diminue de façon spectaculaire.

Dr Serge Brugier

Référence
Ruidavets JB et coll. : “High consumptions of grain, fish, dairy products and combinations of these are associated with a low prevalence of metabolic syndrome.” J Epidemiol and Community Health, 2007; 61(9): 810-7

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