Une « épidémie » d’allergie à l’arachide ?

L’allergie à l’arachide est le type même de l’allergie alimentaire sévère et persistante.
Parmi les écoliers des pays anglo-saxons, la prévalence de cette allergie dépasse actuellement 1 %. En France, on l’estime entre 0,3 et 0,75 % alors qu’elle est seulement de 0,04 % en Israël. Ces seuls chiffres soulèvent de nombreuses questions sur l’origine de l’« épidémie » constatée dans certains pays. Quelques explications ont été proposées ces dernières années.

Ainsi, en Israël, l’âge moyen d’introduction de l’arachide est inférieur à 1 an alors qu’il est supérieur à 36 mois pour les enfants touchés par la hausse de prévalence au Royaume-Uni.
D’autre part, l’exposition respiratoire ou cutanée pourrait être un facteur de risque de sensibilisation.
Par contre, la composition protéique des différentes espèces d’arachide ne semble pas en cause car relativement constante à travers le monde. Cependant, les graines les plus mûres et les plus grosses contiennent une plus grande quantité de l’allergène Ara h1 tout comme celles séchées à très haute température. Les graines bouillies ou frites sont moins allergisantes que celles ayant subi un rôtissage à haute température (180°C) produisant une réaction de Maillard. L’exposition à des températures extrêmes s’accompagne aussi d’une augmentation des taux de protéines de stress accélérant le processus. Ainsi, les cacahuètes rôties pourraient contenir jusqu’à 22 fois plus d’Ara h 1 que les cacahuètes crues !

Le beurre de cacahuète, populaire dans les pays anglo-saxons, est actuellement battu ou émulsifié pour éviter la formation d’une couche huileuse en surface. Ce traitement pourrait aussi accroître l’immunogénicité de l’arachide.

Pour l’instant, le seul traitement disponible reste l’éviction. Cependant, des techniques prometteuses sont en cours d’évaluation  (désensibilisation, anti-IgE, herbes médicinales chinoises, protéines recombinantes) ou proches de l’être (oligodésoxynucléotides immunomodulateurs synthétiques, cytokines, anticorps chimériques et divers agents probiotiques).

Dr Geneviève Démonet

Référence
Sicherer S et coll. : “Peanut allergy: Emerging concepts and approaches for an apparent epidemic.” J Allergy Clin Immunol., 2007 ; 120 : 491-503.

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