Doit-on faire un curage axillaire chez toutes les patientes atteintes d’un cancer du sein avec ganglion sentinelle positif ?

La technique du ganglion sentinelle (GS) permet d’éviter, dans les cas où il n’aurait pas été utile, le recours au curage axillaire dans le traitement chirurgical du cancer du sein invasif débutant. Ceci a pour conséquence première d’améliorer la qualité de vie des patientes qui ne sont plus exposées au risque de lymphœdème du membre supérieur. Néanmoins, un certain nombre de femmes (20 à 30 %) ont un GS envahi imposant un curage axillaire secondaire. Cependant, les ganglions extirpés lors de cette reprise chirurgicale peuvent se révéler indemnes faisant regretter a posteriori l’indication de curage. Dispose-t-on de marqueurs de risque permettant de prévoir l’atteinte ganglionnaire extensive et qui autoriseraient de ne faire ce curage que quand il est réellement justifié ?

La recherche de ces éléments pronostiques constituait l’objectif de l’étude rétrospective que nous proposent F Trentini et coll. Elle a inclus 180 cas de GS positifs. Parmi les divers facteurs pronostiques histologiques analysés, seuls un grade histopronostique de Scarff-Bloom-Richardson (SBR) à 3, la présence de récepteur HER2, l’effraction capsulaire du GS et son infiltration par une macrométastase s’associaient à une majoration du risque d’envahissement ganglionnaire extensif.  Un SBR à 3 et l’effraction capsulaire restaient des facteurs de risque en analyse multivariée. Aucun autre élément histologique, comme la taille du GS, le statut des récepteurs hormonaux, l’embolisation péritumorale, n’était significativement associé au risque d’envahissement ganglionnaire extensif.

En présence d’un GS positif, il apparaît donc comme possible d’envisager une sélection des patientes à haut risque d’atteinte ganglionnaire massive à qui seules serait proposé un curage axillaire complémentaire évitant aux autres un geste inutile à forte morbidité.

Bien entendu, il ne saurait être question de remettre en cause la procédure actuelle de reprise systématique de tous les cas de GS positif sur la foi d’une simple étude rétrospective histologique. Des essais randomisés expérimentaux se basant sur le taux de récidive et de mortalité comme critères de jugement restent nécessaires avant la moindre application clinique.

Dr Jean-Michel Brideron

Référence
Trentini F et coll. : « Biopsie du ganglion sentinelle positive dans le cancer du sein : place du curage axillaire de complément ? » Bulletin du Cancer. 2007 ; 94 : 700-4.

Copyright © http://www.jim.fr

Réagir

Vos réactions

Soyez le premier à réagir !

Les réactions aux articles sont réservées aux professionnels de santé inscrits
Elles ne seront publiées sur le site qu’après modération par la rédaction (avec un délai de quelques heures à 48 heures). Sauf exception, les réactions sont publiées avec la signature de leur auteur.

Réagir à cet article