Paris, le mercredi 3 octobre 2007 – L’actuel débat parlementaire
concernant un amendement autorisant le recours aux tests ADN pour
confirmer la filiation des étrangers vivant en France souhaitant
bénéficier du regroupement familial a révélé à la fois l’extrême
inquiétude mais aussi l’intense curiosité suscitées par
l’introduction des outils de dépistage génétique dans nos vies
quotidiennes. En effet, au-delà des interrogations morales
légitimes que soulève la volonté de mêler la science aux questions
d’immigration, cette péripétie politique rappelle combien le facile
recours aux tests ADN, grâce à internet, incite un nombre croissant
de nos contemporains à chercher des réponses à des questions
ancestrales. Ainsi, malgré les diverses interdictions légales, les
pères ne se reconnaissant pas dans leur progéniture sont nombreux à
chercher sur la toile le test qui leur permettra d’apaiser leurs
doutes. Un récent article du Monde soulignait ainsi avec amusement
que les mots clés « tests de paternité » sur Google, permettent
d’obtenir 2 200 000 réponses !
Erreurs d’interprétation et confidentialité
Les tests de paternité ne sont pas seuls à être proposés à des
internautes férus de génétique. De nombreux sites proposent de
détecter votre prédisposition à des pathologies telles que
l’ostéoporose, le cancer du sein ou encore la maladie d’Alzheimer.
Ignorant la complexité de ces questions médicales et scientifiques,
nos contemporains sont de plus en plus nombreux à se laisser tenter
par l’oracle que promet internet conjugué à l’ADN. Les
spécialistes, réunis aujourd’hui lors d’un colloque européen à
Paris, ne cachent pas leurs inquiétudes. La coordinatrice du site
Orphanet souligne notamment que « des risques d’erreur existent
dans le résultat du test, dans son interprétation que peut
débusquer un généticien, mais pas forcément un médecin
généraliste ». Marc Delpech, responsable d’une unité INSERM
souligne pour sa part, interrogé par France Info, que les résultats
transmis sont généralement impossibles à comprendre par les
patients, tandis que Carine Camby, directrice de l’Agence de
biomédecine observe, en outre, l’absence de confidentialité liée à
la nature d’internet.
A.H.
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