Exclusif : l’information sur les infections nosocomiales, ce n’est pas automatique !

Paris, le lundi 8 octobre 2007 – Le 22 juin 2006, l’Office parlementaire d’évaluation des politiques de santé (OPEPS) rendait public un rapport sur la lutte contre les infections nosocomiales. La nécessité d’une information individualisée des patients en la matière était rappelée avec force, cette démarche contribuant selon les sénateurs, auteurs du rapport, à « renforcer l’adhésion des malades aux mesures annoncées et prises à leur égard, en particulier pour les patients porteurs de bactéries multi résistantes aux antibiotiques ». Avant que les sénateurs ne se penchent sur cette question, l’accent avait déjà été mis à plusieurs reprises sur ce devoir que représente la délivrance d’information à chaque patient sur les risques d’infections nosocomiales auquel il est exposé. Qu’il s’agisse de la circulaire du 29 décembre 2000 ou de celle du 30 juillet 2001 la notion d’information « individuelle », au-delà de la distribution à l’hôpital d’un livret d’accueil revenant sur ce point, est expressément développée. Aboutissement de ces différentes réflexions, la loi « droit des malades et qualité du système de santé » de mars 2002 « prévoit l’obligation d’information des personnes concernant les conséquences des investigations, des traitements, ou des actions de prévention qui leur sont proposées », rappelle régulièrement le ministère de la Santé.

Le réflexe informatif adopté par 34 % des professionnels de santé

Face à cette obligation légale, dont les modalités ont été longtemps l’objet de discussions et de controverses, les professionnels de santé ne semblent pas avoir modifié profondément leur pratique. L’information systématique des patients quant aux risques d’infections nosocomiales n’est pas ainsi la pratique générale puisque cette voie n’est suivie que par 34 % des professionnels de santé interrogés sur notre site du 11 septembre au 1er octobre. L’attitude majoritaire paraît ainsi de ne pas évoquer les infections nosocomiales dans toutes les situations, puisque 63 % des professionnels de santé indiquent que leur information n’est pas « systématique ». Soulignons enfin que, confrontés à une publicité imprécise quant aux textes de loi existants en la matière, 2 % des professionnels de santé ont voulu marquer qu’ils ne pouvaient se prononcer sur la question. 

Manque de curiosité des patients

Cette méconnaissance des réglementations en vigueur qui concernent notamment les modalités de l’information des patients sur les infections nosocomiales n’est sans doute pas seule à expliquer cette absence d’automatisme dans la pratique des professionnels de santé. Une étude normande publiée en juillet dans le Journal of Hospital Infection, exploitant les réponses de 1 107 professionnels de santé avait révélé que dans 42 % des cas, le silence des praticiens est lié à la crainte de nourrir les inquiétudes des patients, tandis que 5,1 % avaient indiqué redouter des complications légales. En outre, contredisant l’effet qu’aurait pu produire le battage médiatique que suscitent les cas les plus marquants d’infections nosocomiales, 60,9 % des professionnels de santé avaient affirmé n’avoir été confrontés à aucun questionnement en la matière émanant de leurs patients.

 

A.H.

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