Un premier consensus sur la prise en charge de la fibromyalgie

La fibromyalgie fait couler beaucoup d’encre. De quoi susciter de la part de l’EULAR (European league against rheumatism), la rédaction de recommandations qu’elle a basées sur 146 essais cliniques dont 39 concernaient des interventions pharmacologiques (antidépresseurs, analgésiques, et autres) et 59 des interventions non pharmacologiques (traitement comportemental, éducation, diététique, et autres). L’examen de ces études par un panel d’experts a abouti à un consensus sur 9 recommandations de qualité inégale (3 pouvant être qualifiées de fermes, 3 autres ayant la qualité d’opinion d’expert) du fait de la pauvreté de certaines données, ce qui a engendré la volonté de revoir ces recommandations tous les 5 ans.

Elles peuvent être résumées de la sorte :
- Une évaluation complète de la douleur et du contexte fonctionnel et psychosocial est indispensable pour comprendre le syndrome fibromyalgique dans sa totalité, du fait de sa complexité, de son hétérogénéité et des nombreux facteurs intervenants (niveau de preuve IV D).
-  Le traitement optimal de la fibromyalgie impose une approche multidisciplinaire qui devrait inclure la combinaison d’interventions pharmacologiques et non pharmacologiques. Après discussion avec le patient, celles-ci devraient être adaptées avec le patient en fonction de l’intensité de la douleur, de critères fonctionnels, et d’autres aspects généraux tels que la fatigue, la dépression etc. (niveau de preuve IV D).
Sur le plan non pharmacologique, on peut retenir :
- Le traitement en piscine chauffée, avec ou sans exercice, est efficace (IIa B).
- Chez certains patients, un programme d’exercices adapté peut être utile. Ceci inclut des exercices aérobiques et des étirements (IIb C).
- Un traitement comportemental peut être utile chez certains patients (IV D).
- La relaxation, la réhabilitation, la physiothérapie, un support psychologique, …, peuvent être indiqués si le patient en formule la demande (IIb C).
Quant aux interventions pharmacologiques, on peut s’appuyer sur ceci :
- Le tramadol est recommandé pour le traitement de la douleur (Ib A). Par ailleurs, si d’autres analgésiques tels que le paracétamol et les opioïdes faibles peuvent être employés, les corticostéroïdes et les opioïdes forts ne sont, eux, pas recommandés (IV D).
- Les antidépresseurs sont recommandés parce qu’ils réduisent la douleur et améliorant le niveau de fonctionnement (Ib A). L’amitriptyline, la fluoxétine, la duloxétine, le milnacipran, le moclobémide et le pirlindole ont démontré une certaine efficacité.
Le tropisétron, le pramipexole et la prégabaline sont également recommandés parce qu’ils se sont montrés capables de réduire la douleur (Ib A).
Rien de nouveau donc, mais la volonté claire de mettre en musique une partition qui comporte encore de nombreuses fausses notes et doit donc être revue régulièrement.

Dr Dominique-Jean Bouilliez

Référence
Carville S, et coll. : “EULAR evidence based recommendations for the management of fibromyalgia syndrome.” Ann Rheum Dis 2007; Publication avancée en ligne le 3 Octobre. doi:10.1136/ard.2007.071522

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