Cancer du sein : le nombre de ganglions axillaires indemnes est prédictif du risque de récidive locorégionale

La question du traitement locorégional optimal du cancer du sein (KS) reste controversée. Il est généralement admis que la présence de 4 ganglions envahis (N+) justifie une radiothérapie (RT) pour diminuer le risque de récidive locorégionale (RLR), mais l’attitude est plus ambiguë quand il y a 1 à 3 N+. Ce travail vise à montrer le rôle prédictif d’un faible nombre de ganglions N-.

Les malades ayant eu une chirurgie conservatrice ont été exclues de l’étude, de même que celles qui avaient reçu une RT. Toutes ont eu une chimiothérapie (CT) adéquate (au moins 3 cycles) avec éventuellement du tamoxifène (malades N+ avec statut de post ménopause). Au total, l’analyse a porté sur 6 660 malades dont 93 % ont eu plus de 8 ganglions et 49 % plus de 15 ganglions examinés. Ceux-ci étaient indemnes dans 2 588 cas et envahis dans 4 072 des cas, dont 2 402 (59 %) avec ≤ 3 N+ et 1670 (41 %) avec ≥4 ganglions N+.  

Pendant un suivi moyen de 14 ans, on a observé la survenue de 1 251 RLR, soit 18,8 %.
Le risque de RLR à 10 ans s’est avéré être < 20 % chez les 2 588 patientes N-. En revanche, parmi les malades N+, on a constaté une corrélation significative entre un nombre élevé de ganglions indemnes et la raréfaction de survenue de RLR, même après ajustement en fonction d’autres facteurs de risque (taille, grade, âge, envahissement vasculaire, etc.) ; si l’on analyse chez ces malades N+ le taux de RLR, il est de 31% quand le nombre de ganglions indemnes est < 5, à 18 % s’il est ≥ 15 (et même à 15 % chez les femmes après la ménopause), ce qui correspond à une diminution de risque de RLR de 46 %.

Quant à la survie globale, elle est également affectée par le statut lymphatique, passant de 40 à 68 % avant la ménopause selon qu’il y a ≤ 5 ou ≥ 15 ganglions indemnes, ces chiffres étant encore plus probants après la ménopause (31 à 61 %).
En conclusion, les malades ayant 1 à 3 ganglions envahis et dont les ganglions sains sont en petit nombre, surtout si elles sont jeunes et que leurs vaisseaux sont histologiquement envahis, ont un risque accru de récidive locorégionale et devraient être traitées comme celles qui ont au moins 4 ganglions atteints.

Dr Jean-Fred Warlin

Référence
Karlsson P et coll. : “The role of the number of uninvolved lymph nodes in predicting locoregional recurrence in breast cancer.” J Clin Oncol., 2007 ; 25 : 2019-26.

Copyright © http://www.jim.fr

Réagir

Vos réactions

Soyez le premier à réagir !

Les réactions aux articles sont réservées aux professionnels de santé inscrits
Elles ne seront publiées sur le site qu’après modération par la rédaction (avec un délai de quelques heures à 48 heures). Sauf exception, les réactions sont publiées avec la signature de leur auteur.

Réagir à cet article