Ne pas méconnaître un syndrome des jambes sans repos chez l’enfant et l’adolescent

Quelques années après avoir contribué à la définition du syndrome des jambes sans repos (SJSR) chez l’enfant (voir ci-dessous), Picchietti, Allen et coll. précisent, par une enquête, la prévalence et les répercussions de ce syndrome chez l’enfant et l’adolescent (1) .

La méthodologie utilisée est très exactement celle du « panel en ligne ».
L’effectif, recruté aux USA et dans le Royaume Uni, comprend 4 325 enfants (de 8 à 11 ans) et 6 198 adolescents (de 12 à 17 ans).

L’affection apparaît plus fréquente qu’on ne le croyait. La prévalence des SJSR certains est estimée à 1,9 % des enfants, et à 2 % des adolescents interrogés. Environ le quart des enfants et la moitié des adolescents présentent une forme modérée à sévère (au minimum, 2 épisodes par semaine et une gêne modérée). L’âge de début peut être inférieur à 5 ans. Le sex ratio est équilibré. Un parent au premier degré a aussi la même affection, pour 71 % des enfants et 80 % des adolescents.

Les enfants atteints d’un SJSR certain se plaignent plus souvent de « douleurs de croissance » et de troubles du sommeil (difficultés d’endormissement, réveils nocturnes, et, en contrepartie, somnolence diurne) que ceux qui n’en remplissent pas les critères. Ils supportent mal leurs symptômes dans plus de 20 % des cas, et ils les rendent responsables de troubles de l’humeur, d’un manque d’énergie, etc. En dépit de toutes ces répercussions, ils bénéficient rarement d’un diagnostic et d’un traitement corrects.

Les auteurs concluent que le SJSR est, entre 8 et 17 ans, plus fréquent que l’épilepsie et le diabète, et souvent perturbant, mais qu’il est insuffisamment diagnostiqué dans cette tranche d’âge. Leur étude, structurée comme une enquête épidémiologique, fournit la première estimation fiable de la prévalence de ce syndrome chez l’enfant. Pour le reste, elle suggère principalement deux directions de recherche clinique : 1) l’histoire naturelle des SJRS primitifs, de l’enfance à l’âge adulte, et 2) la prise en charge des SJSR juvéniles, c’est-à-dire une étude longitudinale de cohorte et un essai thérapeutique.

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Critères diagnostiques d’un SJSR certain de l’enfant (d’après 2)

De 2 à 12 ans : en plus des critères de l’adulte, l’enfant doit
- soit exprimer la notion de « devoir bouger » ou « d’avoir des fourmis dans les jambes », avec des mots correspondant à son âge,
- soit satisfaire à 2 des 3 critères suivants : des troubles du sommeil, un parent biologique ou un frère/une sœur atteint, un indice de mouvements périodiques des membres pendant le sommeil ≥ 5/heure, en polysomnographie.

A partir de 13 ans : mêmes critères que l’adulte,
- à savoir : des « impatiences des membres inférieurs », plus prononcée au repos ou en position assise/couchée, calmées transitoirement par le mouvement, pires dans la soirée ou la nuit.

Dr Jean-Marc Retbi

Références
1) Picchietti D et coll : « Restless legs syndrome : prevalence and impact in children and adolescents – The Peds REST Study ». Pediatrics 2007 ; 120 : 253-266.
2) Allen RP et coll : « Restless legs syndrome : diagnostic criteria, special considerations and epidemiology : a report from the restless legs syndrome diagnosis and epidemiology workshop at the National Institutes of Health ». Sleep Med 2003 ; 4 : 101-119

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