L’hypocitraturie est un facteur de risque de la lithiase
calcique (LC) car le citrate solubilise le calcium. Certes, le
citrate de potassium corrige ce déficit, mais, il est parfois mal
toléré (diarrhées) et onéreux. Les agrumes représentent alors une
alternative intéressante par leur richesse en citrates et le
traitement par la citronnade a été proposé. L’influence de
cette boisson sur les paramètres métaboliques de la LC et sur la
lithogenèse fait l’objet de ce travail rétrospectif.
Le traitement a consisté à faire absorber 120 ml de jus de citron
concentré avec 2 l d’eau/j chez des patient urinant moins de 500 mg
citrates/j. L’étude s’est focalisée sur 11 malades ne recevant
aucun autre traitement (groupe JC), qui ont été comparés à 11
malades appariés par âge et sexe, présentant les mêmes
caractéristiques biologiques et traités par 40 mEq/j de citrate de
potassium à libération prolongée (groupe KC). On a conseillé à tous
de limiter leurs apports en sodium, oxalates, protéines animales,
et de boire suffisamment pour uriner 2,5 l/j. Chez ceux présentant
une hypercalciurie, on a aussi réduit les apports calciques et/ou
prescrit des thiazidiques. L’effet thérapeutique a été apprécié par
des scanners en mesurant la surface en mm2 de chaque calcul avant
et après traitement, et en additionnant les surfaces en cas de
calculs multiples. La lithogenèse a été calculée en tenant compte
de l’augmentation de taille des pierres et de celles éliminées
spontanément ou chirurgicalement.
Les 11 malades (7 femmes) du groupe JC (mauvaise tolérance ou
coût trop élevé du traitement médicamenteux) avaient un âge moyen
de 52 ans et leur traitement a duré en moyenne 44 mois, vs 54 ans
et une durée de 42 mois pour les 11 malades (7 femmes) du groupe
KC. La citraturie initiale était de 350 mg/j dans les 2
groupes.
Dix des 11 patients JC ont vu leur citraturie augmenter (de 383
mg/j en moyenne) et cette augmentation a atteint 482 mg/j en
moyenne chez tous les malades du groupe KC, la différence étant
significative (p<0.05). En revanche, les variations de diurèse
et des autres paramètres urinaires (pH, calcium, oxalates, acide
urique) n’ont pas été significativement différentes dans les 2
groupes.
Quant à la lithogenèse, elle a décru dans le groupe JC de 1 calcul
par an avant traitement à 0,13 après, avec une surface totale
lithiasique passant de 37 à 30 mm2.
La citronnade apparaît donc comme une alternative raisonnable chez
les malades dont l’hypocitraturie ne peut être traitée par le
citrate de potassium.
Dr Jean-Fred Warlin
Kang DE et coll. : “ Long-term lemonade based dietary manipulation in patients with hypocitraturic nephrolithiasis.” J Urol., 2007 ; 177 : 1358-62.
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