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Se presser le citron pour un calcul ?

Publié le 22/10/2007 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

L’hypocitraturie est un facteur de risque de la lithiase calcique (LC) car le citrate solubilise le calcium. Certes, le citrate de potassium corrige ce déficit, mais, il est parfois mal toléré (diarrhées) et onéreux. Les agrumes représentent alors une alternative intéressante par leur richesse en citrates et le traitement par la citronnade  a été proposé. L’influence de cette boisson sur les paramètres métaboliques de la LC et sur la lithogenèse fait l’objet de ce travail rétrospectif.
Le traitement a consisté à faire absorber 120 ml de jus de citron concentré avec 2 l d’eau/j chez des patient urinant moins de 500 mg citrates/j. L’étude s’est focalisée sur 11 malades ne recevant aucun autre traitement (groupe JC), qui ont été comparés à 11 malades appariés par âge et sexe, présentant les mêmes caractéristiques biologiques et traités par 40 mEq/j de citrate de potassium à libération prolongée (groupe KC). On a conseillé à tous de limiter leurs apports en sodium, oxalates, protéines animales, et de boire suffisamment pour uriner 2,5 l/j. Chez ceux présentant une hypercalciurie, on a aussi réduit les apports calciques et/ou prescrit des thiazidiques. L’effet thérapeutique a été apprécié par des scanners en mesurant la surface en mm2 de chaque calcul avant et après traitement, et en additionnant les surfaces en cas de calculs multiples. La lithogenèse a été calculée en tenant compte de l’augmentation de taille des pierres et de celles éliminées spontanément ou chirurgicalement.

Les 11 malades (7 femmes) du groupe JC (mauvaise tolérance ou coût trop élevé du traitement médicamenteux) avaient un âge moyen de 52 ans et leur traitement a duré en moyenne 44 mois, vs 54 ans et une durée de 42 mois pour les 11 malades (7 femmes) du groupe KC. La citraturie initiale était de 350 mg/j dans les 2 groupes.

Dix des 11 patients JC ont vu leur citraturie augmenter (de 383 mg/j en moyenne) et cette augmentation a atteint 482 mg/j en moyenne chez tous les malades du groupe KC, la différence étant significative (p<0.05). En revanche, les variations de diurèse et des autres paramètres urinaires (pH, calcium, oxalates, acide urique) n’ont pas été significativement différentes dans les 2 groupes.
Quant à la lithogenèse, elle a décru dans le groupe JC de 1 calcul par an avant traitement à 0,13 après, avec une surface totale lithiasique passant de 37 à 30 mm2.
La citronnade apparaît donc comme une alternative raisonnable chez les malades dont l’hypocitraturie ne peut être traitée par le citrate de potassium.



Dr Jean-Fred Warlin


Kang DE et coll. : “ Long-term lemonade based dietary manipulation in patients with hypocitraturic nephrolithiasis.” J Urol., 2007 ; 177 : 1358-62.


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