La dysfonction érectile, facteur de risque indépendant de maladies cardiovasculaires ?

La relation entre les troubles de l’érection et la survenue plus tardive d’une maladie cardiovasculaire, deux états partageant les mêmes facteurs de risque c’est à dire l’âge, le tabac, le diabète, l’HTA, et l’hyperlipidémie, n’a fait l’objet que d’études longitudinales. Partant du principe que les troubles de l’érection sont un marqueur indépendant de maladies cardiovasculaires, l’association demande confirmation par des études prospectives.

A Krimpen, près de Rotterdam aux Pays Bas, tous les hommes âgés de 50 à 75 ans  indemnes de cancer de la prostate ou de la vessie, sans antécédents de prostatectomie radicale ou de maladie neurologique de la vessie ont été invités à participer à cette étude prospective. Le taux de réponse de la population a été de 50 %.

L’objectif était de déterminer la relation entre les troubles de l’érection (dépistés par une simple question sur la rigidité érectile) et la survenue ultérieure d’un infarctus du myocarde, d’un accident vasculaire cérébral ou d’une mort subite.

La sévérité basale des troubles de l’érection a été évaluée par un des items du questionnaire de l’International Continence Society : « Avez vous des érections », les réponses étant classées : a) pas de trouble, érection auto-évaluée normale, b) troubles modérés avec une rigidité réduite, c) troubles sévères avec une rigidité sévèrement réduite ou pas d’érection du tout.
Les données basales des facteurs de risque cardiovasculaires, l’âge, le tabac, la pression artérielle, le cholestérol total, les HDL et le diabète ont été utilisées pour calculer le score de risque de Framingham.

Sur les 1 248 hommes indemnes de maladies cardiovasculaires à l’origine, 258 (22,8 %) présentaient une rigidité érectile réduite,  et 108 (8,7 %) une rigidité sévèrement réduite.
Au cours d’un suivi moyen de 6,3 ans, (7 945 personnes/années), 58 événements cardiovasculaires sont survenus. En utilisant le modèle de régression de Cox, avec ajustement pour l’âge  et le score de risque cardiovasculaire, les hazard ratios HR pour les événement cardiovasculaires étaient de 1,6 (intervalle de confiance à 95% 1,2 – 2,3) dans le groupe des rigidités érectiles réduites et 2,6 (IC 95% 1,3 – 5,2) pour les rigidités sévèrement réduites.

Cette étude prospective vient donc confirmer les résultats d’études longitudinales et démontre maintenant de façon plus formelle que la dysfonction érectile est bien un facteur de risque de maladies cardiovasculaires, indépendant des autres facteurs de risque.

Dr Serge Brugier

Référence
Schouten BWV et coll. : “Erectile dysfunction prospectively associated with cardiovascular disease in the Dutch population : results from the Krimpen Study.” International Journal of Impotence Research, publication avancée en ligne le 30 Août 2007, doi:10.1038/sj.ijir.3901604

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