Revaccination antigrippale par les infirmières : les motifs d’une réticence

Paris, le jeudi 25 octobre 2007 – Alors que semblait être renvoyé aux calendes le projet de décret permettant aux infirmières de réaliser sans prescription médicale la vaccination contre la grippe, à l’exception des primo injections, la Fédération nationale des infirmiers (FNI) n’avait pu qu’exprimer son désarroi face à une affaire où les tenants et les aboutissants ne semblaient pas devoir être rendus publics. La position de l’Académie nationale de médecine qui aurait poussé le ministère de la Santé à renoncer à sa volonté première n’avait en effet pas fait l’objet au début du mois d’octobre d’une communication officielle. La FNI remarquait ainsi dans une lettre adressée aux sages que « cet avis non argumenté » pourrait être ressenti par les « infirmiers (…) comme un repli médical corporatiste plus que comme une réponse médicale à un réel problème de santé publique ». Aussi, pour mettre fin à ce mauvais procès d’intention, l’Académie nationale de médecine a récemment mis en ligne sur son site internet le bref courrier qu’elle a adressé en septembre au ministère de la Santé, qui sollicitait son avis quant à la possibilité d’autoriser les infirmières à réaliser sans prescription médicale des vaccinations contre la grippe, hors primo injection.

L’Académie de médecine remarque tout d’abord dans cette missive, que la prescription médicale du vaccin anti-grippe est l’occasion « d’une consultation annuelle » qui peut se révéler particulièrement salutaire à l’âge où les « changements d’état de santé dans l’année » sont de moins en moins rares. L’Académie de médecine observe en outre que si le gouvernement s’orientait, malgré ses mises en garde, vers un tel dispositif, il faudrait en exclure les patients souffrant d’une affection longue durée « qui doivent être examinés par leur médecin » rappellent les sages. Ces derniers achèvent leur lettre par une conclusion particulièrement sévère : « L’infirmière ou l’infirmier se retrouvera seul(e) responsable de ce geste ». Face à cette position qui fait écho à celle du conseil national de l’Ordre des médecins, le ministère de la santé pourrait renoncer définitivement à la publication des décrets d’application de la convention nationale des infirmières sur ce point. Les avis de la Haute autorité de santé (HAS) de l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (AFSSAPS) et du Haut conseil de santé publique (HCSP), s’ils différaient de ceux exprimés par l’Académie et l’Ordre pourraient cependant influer différemment la décision finale.

 

A.H.

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