Enquête sur les vertus anti-dépressives du chocolat

Hasard ou approche des friandises d’Halloween, puis de Noël ? Plusieurs publications médicales récentes se sont concentrées sur… le chocolat. Dans l’une, relayée par Yahoo! news, pour le Journal of Proteome Research, il y est dit que selon une étude suisse de Sunil Kochhar, l’attirance pour le chocolat serait corrélée aux caractéristiques de la flore microbienne du tube digestif qui semblent différer d’un individu à l’autre. Evidemment le débat (du genre « poule et l’œuf ») reste ouvert quant à savoir quel phénomène procède de l’autre. Mais pour la petite histoire cette recherche fut rendue particulièrement difficile pour constituer le groupe témoins de onze ‘‘extra-terrestres’’ n’aimant pas le chocolat » !

Parallèlement, une étude australienne du British Journal of Psychiatry confirme que le chocolat est propre à adoucir une dépression. Exploitant les résultats d’un questionnaire diffusé sur l’Internet et auquel près de 3500 personnes « dépressives » ont répondu, ce travail émane du Black Dog Institute (www.blackdoginstitute.org.au). Pourquoi « black dog » ? Tout simplement pour faire référence à la métaphore familière de Winston Churchill qui avait ainsi « animalisé » sa propre dépression.

L’analyse des données a été limitée aux 2 692 participants âgés d’au moins 18 ans et vivant en Australie (âge moyen : 40 ans, avec 71 % de femmes) dont la moitié (plus souvent des femmes) ont déclaré avoir « besoin » de chocolat jugé bénéfique vis-à-vis des symptômes dépressifs, de l’anxiété et de l’irritabilité. Certes multifactorielle (culture, économie, santé…), l’appétence pour le chocolat est apparue également  révélatrice de la personnalité et cette attirance « reflèterait des processus biologiques en rapport avec la régulation des émotions ». C’est admis : le chocolat est bon pour le moral. Mais comment peut-il aussi tenir d’un « antidépresseur naturel » ? Probablement par sa richesse en amines stimulantes, dont « deux analogues de l’anandamine, un cannabinoïde endogène, et ses interactions avec divers neurotransmetteurs (dopamine, sérotonine, endorphines). »

Dr Alain Cohen

Référence
Parker G, Crawford J : « Chocolate craving when depressed, a personality marker » Br J Psychiatry 2007 ; 191, 351-352.

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