Réduction spectaculaire de la mortalité par AVC en France entre 1979 et 2001

L’arsenal thérapeutique et les stratégies préventives des facteurs de risque cardiovasculaires sont allés en s’améliorant au cours des dernières décennies dans les pays industrialisés mais les cardiopathies ischémiques et les accidents vasculaires cérébraux (AVC) demeurent des causes majeures de décès. Les équipes du service de neurologie et de l’unité AVC de l’hôpital Bichat de Paris, et de l’INSERM, ont analysé les tendances de la mortalité vasculaire en France entre 1979 et 2001, et évalué la contribution relative des variations de mortalité par accidents vasculaires cérébraux et non cérébraux à ces tendances.

L’étude a inclus tous les décès par maladie vasculaire survenus dans la population de France
de 1979 à 2001, données fournies par le Centre d’épidémiologie sur les causes médicales de décès (CépiDc) de l’INSERM, qui enregistre, depuis 1968, tous les décès survenus en France (avec l’âge au décès, le sexe et les causes du décès), en se fondant sur les certificats de décès et/ou les registres des décès de la ville de naissance. La détermination de la population à risque s’est appuyée sur les données des recensements de 1975, 1982, 1990 et 1999 de l’INSEE. Les taux de mortalité selon le sexe et les tendances ont été analysés par tranches de cinq ans d’âge : < 35 ans, de 35 à 54 ans, de 55 à 64 ans, de 65 à 74 ans et ≥ 75 ans.

De 1979 à 2001, 4 178 914 décès de cause vasculaire sont survenus en France. Après ajustement sur l’âge, et pour la population de 1990, le taux de mortalité vasculaire était de 421,1 p. 100 000 chez les hommes et de 270,3 p. 100 000 chez les femmes.
Au cours de la totalité de la période d’étude, la mortalité vasculaire a significativement diminué dans les deux sexes.

Le pourcentage annuel moyen des décès de cause vasculaire a varié, selon les catégories d’âge, de -2,4 à -3,3 % chez les hommes et de -2,5 à -4,1 % chez les femmes.
Le pourcentage de décès vasculaires totaux attribuables à la maladie cérébrovasculaire était de 25,7 % chez les hommes et de 30,9 % chez les femmes.
Chez les hommes, la mortalité vasculaire par AVC a diminué de 60,9 % et la mortalité vasculaire non cérébrovasculaire  a baissé de 34,6 %. Chez les femmes, les chiffres correspondants sont 60,4 % et 38,9 %.

Cette étude, avec pour limites le fait d’être fondée sur les données des certificats de décès en l’absence de registre national des AVC, met en évidence, en France, une réduction considérable, de 60 %, de la mortalité par AVC au cours des 20 dernières années, soit une diminution presque double de celle des autres causes de décès d’origine vasculaire. Le déclin de la mortalité par AVC concerne les hommes et les femmes et toutes les tranches d’âge y compris celle des plus âgés. L’amélioration  de la prise en charge des facteurs de risque vasculaire (traitement antihypertenseur surtout, traitement hypolipémiant, campagnes anti-tabac, modification des modes de vie, traitement anticoagulant en cas de fibrillation auriculaire…) pourrait, selon les auteurs expliquer en partie ces résultats, l’amélioration  de la prise en charge des AVC aussi. D’autres facteurs, environnementaux peut-être, pourraient être impliqués qui ne sont pas  encore identifiés.

Dr Claudine Goldgewicht

Référence
Lavallée PC et coll. : “Stroke and vascular mortality trends in France : 1979-2001.” Neuroepidemiology 2007 ; 29 : 78-82.

Copyright © http://www.jim.fr

Réagir

Vos réactions (1)

  • "Réduction spectaculaire de la mortalité par AVC en France entre 1979 et 2001"

    Le 31 octobre 2007

    L'article analysé "se fond<e> sur les certificats de décès et/ou les registres des décès de la ville de naissance". Cette fondation ne vaut rien : ces certificats reflètent l'opinion (ou l'indifférence) du signataire, et non les faits. J'en ai été convaincu par une longue série d'autopsies dans un grand CHU parisien : ce n'était que par hasard, dans ce temple de la science médicale, que la cause de mort démontrée par l'autopsie coïncidait avec celle portée par l'interne sur la "feuille bleue", réglementairement remplie à l'appui de la demande d'autopsie, et donc avant celle-ci. Dans le cas qui nous occupe, il y a une génération, quand pépé mourait gaga, c'était "les artères" ; maintenant, c'est "l'Alzheimer", sans plus de justification, mais avec le résultat évident d'une baisse "spectaculaire" de la mortalité de cause vasculaire.
    L'épidémiologie "fondée sur" les certificats de décès, c'est "garbage in, garbage out".

    Pr. Jean-François Foncin

Réagir à cet article