Hépatite A : le vaccin est une alternative aux gammaglobulines

Après un contact potentiellement infectant avec le virus de l’hépatite A (VHA), qu’il s’agisse d’un contact direct avec un sujet malade ou d’une possible contamination par un aliment infecté, la seule prophylaxie recommandée jusqu’ici était l’injection de gammaglobulines. Celle-ci a prouvé son efficacité lorsqu’elle est réalisée dans les 14 jours du contage éventuel.

Dans cette situation relativement fréquente, l’utilisation du vaccin contre l’hépatite A aurait un certain nombre d’avantages théoriques : facilité d’administration, disponibilité universelle et surtout protection de longue durée.

Une première étude italienne publiée en 1999 avait montré que le vaccin administré dans la semaine du contage était plus efficace que l’abstention. Mais pour substituer le vaccin aux gammaglobulines dans cette indication, il fallait bien sûr un essai comparatif. C’est ce qu’a donc mis en place une équipe mixte regroupant chercheurs américains et kazakhes.

Mille quatre vingt-dix sujets résidants à Almaty (Kazakhstan) âgés de 2 à 40 ans, ayant été en contact avec un sujet malade depuis moins de 14 jours et séronégatifs pour le VHA, ont été randomisés en double aveugle entre une injection de gammaglobulines et une vaccination (les posologies étant adaptées à l’âge). L’efficacité de ces interventions a été jugée sur la survenue entre le 15ème et le 56ème jour d’une hépatite A symptomatique confirmée biologiquement (sérologie IgM et recherche de l’ARN viral dans le sérum et les selles en cas de positivité des IgM).

Une hépatite A symptomatique est survenue dans 4,4 % des cas après vaccination et dans 3,3 % des observations après gammaglobulines (différence non significative). Le vaccin remplit donc les critères préétablis de non infériorité. On ne peut exclure cependant que les gammaglobulines soient légèrement supérieures au vaccin dans cette indication d’autant que les hépatites survenues malgré la prophylaxie sont apparues plus sévères après vaccin qu’après gammaglobulines.

Sur ces bases les autorités américaines viennent de changer leurs recommandations sur la prophylaxie de l’hépatite A après un contact infectant en privilégiant le vaccin chez les sujets sains de 2 à 40 ans. En dehors de cette tranche d’âge, chez les sujets immunodéprimés ou souffrant d’une pathologie hépatique chronique, les gammaglobulines restent la prévention de première intention. Ces nouvelles recommandations américaines rejoignent celles de plusieurs pays européens (notamment de l’Italie) et du Canada.

Dr Céline Dupin

Références
1) Victor J et coll. : Hepatitis vaccine versus immune globulin for postexposure prophylaxis. N Engl J Med 2007; 357: 1685-94.
2) Baker C. Another success for hepatitis A vaccine. N Engl J Med 2007; 357: 1757-59.

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