Arthrodèse après échec de prothèse de cheville

Les prothèses de cheville (PTC) n’ont pas encore acquis le niveau de résultat de celles de la hanche et du genou. L’arthroplastie de révision n’est pas fiable : la perte osseuse est importante, les tissus de piètre qualité, associés à un arrière pied pathologique.

P Culpan et coll. décrivent les reprises par arthrodèse de 16 PTC (13 arthroses primaires ou post traumatique, 2 polyarthrites chronique évolutives, une synovite villonodulaire pigmentée), pour descellement aseptique sauf dans deux cas où il s’agissait d’une douleur persistante sans étiologie et d’une infection. Les patients étaient 11 femmes et 5 hommes, d’âge moyen 54 ans (24 à 78 ans), et la durée de vie moyenne de la PTC était de 41 mois (10 à 144).

Toutes les interventions ont comporté une arthrodèse primaire sauf pour le patient avec l’infection qui a eu une dépose préalable. La technique a privilégié le maintien de la hauteur de la cheville par apport corticospongieux fixé par ostéosynthèse vissée. Un plâtre a été posé pour 3 mois avec appui pour le dernier mois. Le suivi moyen a été de 3 ans et 8 mois (de 6 mois à 13 ans). L’évaluation a été faite avec le score de l’Am. Orthop. Foot and Ankle Soc. et selon une échelle subjective : excellent, satisfaisant, inchangé et insatisfait.

L’arthrodèse a été obtenue chez les 16 patients dans un délai de moyen de 3 mois (de 1,5 à 4,5). Le score AOFAS pré opératoire est passé de 31 (12 à 56) à 70 (41 à 87). Le résultat subjectif est notée excellent chez 6 et satisfaisant chez 10. La mobilité de la sous talienne et de la médio tarsienne a été maintenue en général au niveau préopératoire. Il n’y eu aucune complication hormis une désunion chez le patient rhumatoïde, compliquée de non fusion. Une reprise à 12 mois par clou intamédullaire a permis la consolidation.

Généralement, l’arthrodèse de cheville après PTC est grevée d’un taux élevé de complications dont la non fusion, avec un raccourcissement important. La technique décrite offre une alternative qui soutient la comparaison, avec un score de fonction et de satisfaction nettement amélioré par rapport à l’état pré opératoire : la préservation de la sous talienne est un facteur important. Le maintien de la hauteur de la cheville agit favorablement sur  la fonction tendineuse et la marche. L’enclouage centromédullaire doit rester la technique de choix chez le patient rhumatoïde, car le pronostic y est plus mauvais. En cas d’arthrodèse sur infection, le fixateur externe peut être une solution salutaire.

Dr Alain Vannineuse

Référence
Culpan P, Le Strat V, Piriou P et Judet T : Arthrodesis after failed total ankle replacement. J Bone Joint Surg Br., 2007; 89 : 1178-83.

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