Reconnaître l’asthme grâce au profilage métabolique ?

L’asthme est une maladie inflammatoire des petites voies aériennes. L’inflammation n’est que faiblement corrélée aux symptômes cliniques et à la fonction respiratoire. Les formes apparemment quiescentes peuvent s’accompagner d’une inflammation notable des voies respiratoires et la diversité des phénotypes cliniques de la maladie doit être soulignée.

Il faut certainement développer des techniques non invasives permettant d’évaluer cette composante inflammatoire et, à cet égard, l’analyse du gaz expiré semble prometteuse, au travers de la mesure du contenu en NO, par exemple. La spectroscopie RMN du proton offre également des perspectives intéressantes, dans la mesure où elle permet d’aboutir à un véritable profilage métabolique ou à une approche « métabolomique » du gaz expiré. Cette technique analytique puissante permet de caractériser la plupart des composants endogènes de faible poids moléculaire, riches en protons, présents au sein d’une solution biologique et son couplage à une analyse statistique multivariée l’apparente à une véritable méthode de reconnaissance des formes moléculaires.

La spectroscopie RMN du proton a été utilisée chez 25 enfants (âge, 7-15 ans) atteints d’un asthme confirmé, traité ou non par corticothérapie inhalée. Ce groupe a été comparé à 11 sujets témoins. Dans tous les cas, le NO du gaz expiré a été dosé et un bilan spirométrique a été effectué. Des condensats de ce gaz ont été recueillis et soumis à une analyse par RMN.

Le couplage du NO expiré et du VEMS a permis d’identifier les sujets asthmatiques avec une sensibilité de 81 %, sensibilité atteignant 86 % grâce à la RMN avec des signaux spectroscopiques convenablement choisis, en l’occurrence : 1) les régions 3,2 à 3,4 ppm du spectre correspondant aux composants oxydés ; 2) les régions 1,7 à 2,2 ppm du même spectre, correspondant aux dérivés acétylés.

Ce profilage métabolique des condensats du gaz expiré par RMN du proton permet une analyse fine des anomalies biochimiques caractéristiques de la maladie asthmatique. Elle suggère en outre que les composés acétylés pourraient jouer un rôle important dans sa pathogénie.

Dr Philippe Tellier

Référence
Carraro S et coll. : “Metabolomics applied to exhaled breath condensate in childhood asthma.” Am J Respir Crit Care Med 2007; 175: 986-990.

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