14 novembre 2007 : première journée mondiale du diabète sous l’égide de l’ONU

Paris, le mercredi 14 novembre 2007 – Le 20 décembre 2006, l’Organisation des Nations Unies (ONU) faisait officiellement du 14 décembre la journée mondiale du diabète. Ce mercredi doit donc signer une prise de conscience du monde face à une maladie qui touche 246 millions de personnes : toutes les cinq secondes un nouveau cas de diabète se développe, et toutes les dix secondes, une personne succombe directement ou indirectement de ses complications. Les prévisions pour l’avenir sont sombres : quelque 380 millions de personnes pourraient être concernées en 2025 selon la Fédération internationale du diabète (FID). Aussi face à ce fléau, dont la progression est accélérée par l’explosion de l’obésité, les pays membres de l’ONU sont invités à organiser des marches symboliques comptant 246 pas, à l’image des 246 millions de malades et à illuminer leurs principaux monuments en bleu, pour rappeler la couleur du logo « Unite for diabetes ». Le scintillement de l’Empire State Building devrait symboliser de New York cet engagement mondial.

Des enfants de plus en plus souvent touchés par tous les diabètes

Cette première journée mondiale contre le diabète sous l’égide de l’ONU est dédiée aux enfants et aux adolescents : ils sont 440 000 à travers le monde à souffrir de cette maladie et l’on estime que chaque jour le nombre de nouveaux cas de diabète de type 1 chez les moins de 15 ans dépasse les deux cent. En France, la progression de ce type de diabète chez les plus jeunes retient l’attention des spécialistes. Selon des chiffres publiés ce 13 novembre par le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH), le taux annuel de diabète de type 1 chez les moins de vingt ans est passé de 7,4/100 000 en 1988 à 9,5/100 000 en 1997 et approcherait aujourd’hui les 15/100 000. En Europe, « l’augmentation des taux a été de 3,2 % par an au cours des années 90 et encore plus forte chez les plus jeunes de 0-4 ans (4,8 %) ». Cette évolution est difficilement expliquée par les épidémiologistes, mais Claire Lévy-Marchal, pédiatre et directrice de recherche de l’INSERM citée par Libération retient cependant : « L’ensemble des changements intervenus dans l’hygiène de vie pourrait être en cause dans la virulence plus précoce de la maladie auto-immune ». Concernant le diabète de type 2, dont la survenue chez les jeunes enfants augmente aux Etats-Unis en raison de l’obésité, les données manquent en France et en Europe. Une étude menée à l’hôpital Robert Debré donne cependant un aperçu d’une situation inquiétante. Les résultats publiés par le BEH révèlent en effet que du « 1er janvier 2001 au 31 décembre 2003, 271 nouveaux cas de diabète (âge inférieur à 16 ans) ont été admis. La proportion de cas de DT2 est plus élevée : 5,2 % en 2001-2003 que pendant la période 1993-1998 dans le même centre : 2,2 % ». Les auteurs remarquent que les patients présentant un diabète de type 2 (en majorité des filles) présentaient un indice de masse corporelle moyen de 32,4.

« Life for a child »

Face à cette situation, les manifestations sont nombreuses aujourd’hui et dans les jours à venir : un salon du diabète se tiendra notamment à Paris du 16 au 18 novembre. En outre, les pharmacies du réseau Giropharm, qui représente 850 officines en France, proposent à partir d’aujourd’hui et jusqu’à la fin du mois un dépistage gratuit du diabète, à travers la réalisation d’un quizz mis en place par l’Association française des diabétiques (AFD) intitulé : « Etes-vous l’un des 600 000 diabétiques qui s’ignorent ». Particulièrement mobilisée ce 14 novembre, l’AFD a choisi pour cette journée mondiale de ne pas limiter son champ d’action au seul hexagone. S’inscrivant dans le programme « Life for a child » mis en place par la FID et qui s’adresse aux pays en voie de développement, l’AFD soutient l’action de Santé Diabète Mali. Dans ce pays où la prévalence de la maladie est passée de 0,92 % en 1985 à 3 % aujourd’hui, seuls deux spécialistes et trois structures de prise en charge, uniquement situés dans la capitale répondaient aux besoins des diabétiques en 2003. En outre, alors que le salaire moyen est de 50 euros par mois, une ampoule d’insuline coûtait il y a quatre ans aux alentours de 10 euros. Grâce à l’action de Santé Diabète Mali, ce prix a pu baisser jusqu’à 6 euros, mais reste encore inaccessible pour la plupart des malades. En outre, l’association soutenue par l’AFD, a formé depuis 2006 « douze médecins référents diabète (…), 280 agents de santé » et mis en place « des consultations diabètes opérationnelles dans trois régions du Mali ».

A.H.

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