La Polynésie est bien française

Papeete, le vendredi 16 novembre 2007 – Si un explorateur ignorant les subtilités géopolitiques de notre monde accostait en Polynésie, il concéderait difficilement que ces îles, leur climat, leurs plages de sable blanc et l’accent de leurs habitants, puissent être des territoires de France. Pourtant, quelques semaines sous ce climat paradisiaque et l’observation de l’organisation de la société polynésienne lui permettraient bien rapidement de revoir son jugement : la Polynésie est bien française. Alors que sur les côtés de la Manche, de l’Océan Atlantique et de la Méditerranée, seul le mot de grève retient aujourd’hui l’attention, à plusieurs milliers de kilomètres, sur les rives de l’Océan Pacifique, c’est le même mot qui est sur toutes les lèvres. Depuis lundi, après l’appel du Syndicat des praticiens hospitaliers de Polynésie (SPHP) rejoint mercredi par le Syndicat des médecins libéraux de Polynésie française (SMLPF), les services de santé de ce territoire d’outre-mer n’assurent en effet plus que les urgences. La similitude entre la métropole et la Polynésie ne s’arrête pas là. Alors que le ministère de la Santé aura voulu rappeler avec force au début du mouvement que nulle négociation ne pourrait être engagée : ce jeudi 15 novembre, face au durcissement de la grève, il a été annoncé que les praticiens seraient reçus en « début de semaine prochaine ».

Face aux demandes, le gouvernement veut jouer la fermeté…

Après plusieurs grèves ces derniers mois, notamment en novembre 2006 et en mars/avril 2007, le SPGF a appelé à un nouveau mouvement de protestation ce 12 novembre. Les revendications de l’organisation concernent comme en métropole, la revalorisation de leurs pensions de retraite et de leurs rémunérations, l’augmentation du budget de fonctionnement du Centre hospitalier de Polynésie française (CHPF) et l’établissement d’un nouveau statut pour les personnels médicaux et paramédicaux. L’ensemble de ces revendications est justifié par la forte désertification médicale qui frappe aujourd’hui la Polynésie et qui ne pourra en partie être résorbée que par des mesures visant à renforcer l’attractivité des professions de santé. Face à l’ensemble de ces demandes, en raison du très mauvais état des finances de la Caisse de prévoyance sociale qui accuse un déficit de 31 millions d’euros, le gouvernement polynésien avait jusqu’alors opposé une fin de non recevoir. Au sein des établissements, la réponse se sera faite plus cinglante encore : à la veille de la grève, la direction du CHPF a envoyé aux praticiens une note leur signalant la retenue prochaine sur leurs salaires des jours de grève de mars et avril. Si le ministère de la Santé a conseillé à la direction de l’hôpital d’éviter ce genre de provocation, il lui a donné raison sur le fond.

… jusqu’à un certain point !

Pourtant, alors que ce 15 novembre, les grévistes, appuyés par les médecins libéraux qui ont rompu leur convention avec la CPS, ont appelé l’arbitrage du président Oscar Temaru, le ministère de la Santé a été invité à reprendre des négociations avec les syndicats. L’unique question qui devrait connaître une résolution facile et rapide porte sur le statut des personnels, à propos duquel des discussions étaient déjà en cours.

A.H.

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