La fonction publique hospitalière invitée à rejoindre le mouvement du 20 novembre

Paris, le vendredi 16 novembre 2007 – De nombreux commentateurs se sont cette semaine appliqués à remarquer la ressemblance entre le mouvement social actuel et les précédentes grèves et notamment le soulèvement emblématique de 1995. Dans la fonction publique hospitalière, les années se suivent et se ressemblent également : les personnels hospitaliers déploreront sans doute une nouvelle fois ce 20 novembre que leur situation particulière les empêche de faire entendre leur voix singulière. Pour résumer les obstacles qui se dressent face à une grève dans le monde de la santé, Pierre Faraggi, président de la Confédération des hôpitaux généraux (CHG) avait commenté en janvier 2004 : « On n’arrête pas un hôpital comme on arrête un train ».

Pouvoir d’achat

Si le mouvement des agents hospitaliers dans le cadre de la grève générale décrétée dans la fonction publique ce 20 novembre ne sera peut-être qu’une participation symbolique, le soutien sera cependant certainement important, si l’on en juge par la vigueur des différents communiqués syndicaux. Les sections santé de FO, de la CGT, de la CFE-CGC, ainsi que la Coordination nationale infirmière ont en effet multiplié les appels aux agents hospitaliers (toute catégorie confondue) ces dernières semaines. Ces incitations à la mobilisation rencontrent sans doute un vif écho chez de nombreux professionnels de santé salariés, en raison de l’absence de revalorisation salariale ces dernières années et de la baisse de leur pouvoir d’achat. La section FO de l’Assistance publique des hôpitaux de Paris (AP-HP) résume ainsi la situation : « 0 % d’augmentation en 2007 ! alors que nos salaires sont bloqués et que nous subissons depuis 2001 une perte de notre pouvoir d’achat de l’ordre de 10 %. Et si on se réfère à l’augmentation du SMIC entre 2001 et 2007, c’est près de 21 % de pouvoir d’achat que nous avons perdus ». Le sort des infirmières est notamment mis en avant : « En 2001, le SMIC était de 1 012 euros, le salaire de début de carrière d’une infirmière était de 1 316 euros. En 2007, le SMIC est de 1 280 euros, le salaire de début est à 1 396 euros ! En six ans, les infirmières ont perdu 21 % de pouvoir d’achat (soit 270 euros de moins par mois pour une IDE en début de carrière) par rapport au SMIC. Et cela est vrai pour tous les personnels hospitaliers quelles que soient leur ancienneté et leur catégorie professionnelle », ajoute le syndicat. Outre cette analyse économique, les organisations sont nombreuses à rappeler les menaces qui pèsent sur le système des retraites des agents de la fonction publique hospitalière : un argument supplémentaire pour appeler les personnels des hôpitaux à une participation soutenue au mouvement général.

Une grève peut en cacher une autre

Le gouvernement aura bien tenté d’apaiser la colère qui gronde dans les hôpitaux en proposant le 26 octobre dernier de payer à ceux qui le souhaitent 30 % des heures supplémentaires non rémunérées et non récupérées. L’annonce aura été jugée totalement insuffisante par la plupart des syndicats qui souhaitent l’ouverture de véritables négociations salariales et qui ont fermé la porte aux discussions. La participation à la grève du 20 novembre était dès lors confortée. En attendant mardi, les infirmières, les médecins, les aides-soignantes et l’ensemble des agents hospitaliers connaissent aujourd’hui partout en France d’importantes difficultés à assurer le premier des services publics : celui de soigner.

A.H.

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