Quand le genou se dérobe

Le ‘knee buckling’ ou dérobement subit d’un genou en charge, est relativement fréquent en cas d’arthrose du genou, ou après chirurgie orthopédique. Il a été associé notamment à une faiblesse du ligament croisé antérieur, mais sa prévalence dans la population générale n’est pas précisément connue. David Felson et une équipe du Hebrew SeniorLife, Brigham and Women’s Hospital (Un. Boston) ont tenté de la déterminer dans la cohorte de la Framingham Offspring Study à laquelle a été ajoutée une autre cohorte pour en faire la Framingham Osteoarthritis Study cohort dont les participants (2 351 personnes âgées de 36 à 94 ans – 63,5 ans en moyenne-) ont été examinés entre 2000 et 2005. Ils ont été interrogés sur les antécédents de dérobement du genou ou d’impression de lâchage, et les conséquences éventuelles en terme de chute, et ont été également soumis au questionnaire Short Form-12 du score WOMAC (Western Ontario and McMaster Universities Osteoarthritis Index) pour déterminer l’impact douloureux et sur la fonctionnalité du genou.

Les participants ont en outre été invités à réaliser des tests isométriques destinés à mesurer la force du quadriceps, passé des radiographies en charge du genou (l’arthrose étant classée selon l’échelle de Kellgren–Lawrence), et une résonance magnétique pour évaluer le ligament croisé antérieur.

Sur les 2 351 personnes testées, 278 (11,8 %) ont avoué au minimum un épisode de dérobement du genou au cours des 3 mois précédents (136 en marchant, 97 en montant ou descendant les escaliers, et 71 lors de mouvements latéraux ou en se retournant). La grande majorité (n= 217, soit 78,1 %) a présenté plus d’un épisode et 35 d’entre eux (12,6 %) sont tombés au cours de ce dérobement. Après ajustement en fonction de l’âge, du sexe et de l’IMC, les auteurs ont pu déterminer que ce dérobement était associé de manière formelle et indépendante avec la présence d’une gonalgie, mais aussi et surtout avec la faiblesse du quadriceps. Et, si la moitié des personnes incriminées ne présentaient aucune gonarthrose radiographiquement décelable, les dérobements étaient cependant plus fréquents en cas de gonarthrose avérée (11 % vs 4,7 %), la plupart du temps accompagnée d’une lésion du ligament croisé antérieur. Ces patients étaient de plus dans un état physique général significativement moins bon que ceux n’ayant jamais expérimenté de dérobement, et avaient plus fréquemment une atteinte arthrosique pluri-articulaire (notamment au niveau de la hanche). De plus, leurs capacités au travail étaient nettement plus fréquemment altérées que les personnes sans dérobement (46,9 % décrivent par exemple des difficultés dans les escaliers contre 21,7 % de la population non atteinte).

Quant au traitement, si aucune directive formelle ne se dégage de ce travail, il semble acquis cependant qu’une musculation élective du quadriceps devrait permettre de récupérer un certain confort de vie.

Dr Dominique-Jean Bouilliez

Référence
Felson D et coll. : Knee Buckling: Prevalence, Risk Factors, and Associated Limitations in Function. Ann Int Med 2007 ; 147 : 534-40

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Vos réactions (1)

  • "Quand le genou se dérobe"

    Le 20 novembre 2007

    Evaluer la fonction articulaire...bien.
    Evaluer la fonction musculaire...bien.
    Evaluer la fonction neuro ?
    Ah!La fonction neuro n'a pas été évaluée avant l'étude.
    Dommage.

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