Leucémie aiguë monoblastique avec réarrangement du gène MLL issue du donneur après greffe de sang placentaire

Les cellules souches hématopoïétiques de sang placentaire sont une alternative reconnue aux cellules souches adultes médullaires ou d’origine périphérique en matière d’allogreffe. Il n’en n’est pas moins vrai que la greffe de sang placentaire pose des problèmes à ce jour non résolus tels un taux de prise de greffe plus faible, une récupération neutrophile et plaquettaire plus lente et une immunosuppression marquée. De plus, et même si l’incidence semble faible, des cas de leucémie aigüe d’origine donneur sont régulièrement rapportés dans la littérature.

Ici, il s’agit d’un homme de 31 ans atteint de maladie de Hodgkin réfractaire et allogreffé avec un sang placentaire non apparenté 4/6ème en avril 2004 après conditionnement par fludarabine, busulfan et irradiation corporelle totale. Il reçoit du mycophénolate et de la ciclosporine en prophylaxie de la maladie du greffon contre l’hôte (GVHD). La dose de cellules CD34+ injectée semble très élevée (à moins d’une coquille dans le texte de l’article original), de 3x107/kg. La récupération neutrophile survient à J26 et le patient développe une GVHD aiguë de grade 3 traitée par prednisolone. En août 2005, une LAM5 est diagnostiquée alors que la Maladie de Hodgkin est en rémission. Le caryotype est complexe et comporte notamment une délétion du 7 et une délétion en 11q23. Le Southern Blot confirme le réarrangement du gène MLL (mixed lineage leukemia). Le sang de cordon provient d’un sujet de sexe féminin et il peut être aisément établi que la LAM est d’origine donneur. Cette LAM5 s’avère être chimioréfractaire et le patient décède d’un sepsis 13 mois plus tard. La banque de sang placentaire n’a pas la notion que l’enfant de laquelle le sang placentaire est issu soit atteinte d’une hémopathie.

Une large étude sur des dons de sang placentaire à la recherche de clones préleucémiques porteurs de réarrangements TEL-AML1 et AML1-ETO a estimé la fréquence des greffons porteurs de cellules préleucémiques entre 1 et 2 % (Mori et coll. PNAS 2002). L’environnement « receveur » joue vraisemblablement un rôle dans le développement de LAM type donneur après allogreffe de sang placentaire puisque la fréquence de telles hémopathies est si élevée. Cependant, il convient d’être très vigilant en particulier chez les patients les plus immunodéprimés.

Dr Delphine Rea

Référence
Hamaki T et coll. : Donor cell-derived acute monoblastic leukemia involving MLL gene translocation in an adult patient who received umbilical cord blood transplantation. Bone Marrow Transplantation. 2007, publication avancée en ligne le 5 novembre 2007.

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