Pacemakers et défibrillateurs automatiques implantables : à quoi tient le risque infectieux ?

A l’échelon mondial, plus 3 millions de pacemakers et environ 180 000 défibrillateurs automatiques implantables (DAI) sont actuellement en fonction. En France, chaque année, plus de 50 000 de ces systèmes sont implantés. Ces chiffres sont en constante augmentation, du fait du vieillissement de la population et d’indications plus larges qu’auparavant. Les bénéfices sont indéniables, mais obtenus au prix de complications non négligeables, notamment infectieuses. Le taux d’infections après l’implantation de tels systèmes serait en moyenne de l’ordre de 1 à 2 %. Selon les séries publiées, il oscillerait en fait entre 0,13 % et 12,6 %.

Une vaste étude de cohorte multicentrique prospective réalisée en France permet de se faire une idée plus précise du problème. Entre le 1er janvier  et le 31 décembre de l’an 2000, ces dispositifs ont été implantés chez 6 139 patients. Le suivi a été assuré pendant 12 mois. Toutes les complications infectieuses ont été colligées et corrélées aux  caractéristiques démographiques et cliniques, mais aussi aux procédures utilisées.

Sur 5 866 pacemakers, 3 789 comportaient deux électrodes et 117 plus de deux. Sur les 453 DAI, 178 étaient des systèmes bipolaires. Dans 4 461 cas, il s’agissait d’une implantation de novo. Chez les autres 1 858 autres patients, un remplacement du générateur d’impulsions ou d’un électrode s’était avéré nécessaire. Un réintervention avant la sortie de l’hôpital a été réalisée chez 101 malades.

Une analyse par régression logistique, univariée ou multivariée, a été effectuée pour identifier les facteurs de risque associés aux complications infectieuses en rapport avec les systèmes implantés. Elles ont concerné 42 patients au total, soit 0,68 %.

La survenue de telles complications a été positivement associée aux facteurs suivants : 1) fièvre dans les 24 heures qui ont précédé l’intervention (odds ratio ajusté, ORA= 5,83) ; 2) recours à un entraînement électrosystolique avant l’implantation (ORA, 2,46) ; 3) nécessité d’une réintervention précoce (ORA, 15,04). Deux facteurs ont été inversement associés à ces complications : d’une part, implantation d’un nouveau système (ORA, 0,46), d’autre part, antibiothérapie prophylactique (ORA, 0, 40).

Dr Catherine Watkins

Référence
Klug D et coll. : “Risk factors related to infections of implanted pacemakers and cardioverter-defibrillators. Results of a large prospective study.” Circulation 2007; 116: 1349-1355.

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